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Consommer moins

Par Stéphanie Deslauriers.

La vie change constamment. On est amenés à prendre des décisions et ce, tous les jours de notre vie. Des bonnes, des celles qu’on regrette sur le coup mais dont on se dit : « Ah! Que j’ai appris de cette expérience ».

Il y a des événements qui se produisent qu’on n’a pas choisis, aussi. Des situations tristes, frustrantes, malencontreuses. Mais avec lesquelles on doit apprendre à faire avec du mieux qu’on peut, avec le bagage qu’on a.

Dans la dernière année, plusieurs épreuves ont été placées sur mon chemin (bon, ça, c’est si on croit que notre vie est déjà tracée d’avance et qu’on ne fait que progresser sur une route toute décidée. Je devrais donc plutôt dire que je suis passée au travers une foule d’épreuves, toutes plus inattendues les unes que les autres.). Ces dernières m’ont amené des questions sans nécessairement les réponses qui viennent avec sur le coup, des doutes, de craintes, des vertiges, même. Des prises de conscience, du recul, du temps, de la force, de la sagesse, du courage.

Et j’ai comme ressenti le besoin de faire du ménage. Littéralement. De désencombrer, de me débarrasser, d’épurer. De m’entourer de gens et de choses que j’aime, qui me font du bien, me font me sentir bien. J’ai eu besoin de conserver juste ce qu’il me faut – et peut-être un petit peu plus – pour revenir à l’essentiel.

a vendreC’est ainsi que j’ai commencé à faire le grand ménage de ma garde-robe. Mes contacts Facebook me taquinaient à cet effet : « coudonc, Stéphanie, tu te défais de ta garde-robe au grand complet? ». Non, mais pas loin. Je me débarrasse de ce qui prend de la place et de ce qui n’est plus nécessaire.

J’ai commencé à échanger, donner, vendre pour donner une deuxième vie à des morceaux qui ne me convenaient plus mais qui allaient peut-être faire la joie d’une autre.

C'est gratuit!
C’est gratuit!

J’ai commencé à acheter usager – pour les mêmes raisons (Pssst : J’adore Les Fripeuses à la mode, qu’on peut retrouver sur Facebook).

Merci, Les Fripeuses à la mode!
Merci, Les Fripeuses à la mode!

J’ai commencé à fréquenter assidument la bibliothèque de mon quartier (dont j’ai d’ailleurs parlé sur le site des P’tits Mots Dits). Ah! Parce que j’étais non seulement une acheteuse compulsive de vêtements depuis mon tout premier emploi au salaire minimum du Canadian Tire de Boucherville, mais une acheteuse invétérée de livres (bah, c’est pas mauvais en soi : on encourage les auteurs (surtout ceux d’ici, hihi), la créativité et le talent!).

Sauf que j’avais aussi ralenti la cadence côté professionnel pour panser mes bobos comme il faut avant d’aller jouer dans ceux des autres (émotionnellement parlant). Donc, moins d’argent pour les dépenses.

Et vous savez quoi? Je ne m’en porte pas plus mal! Je ressens un réel plaisir à commander les livres que je veux et surtout, à recevoir le courriel qui me dit qu’ils sont arrivés à destination! J’ai un bonheur fou à bouquiner dans les allées, que ce soit pour moi ou Poulet. À trouver un roman sur-mesure pour moi alors que je ne cherchais rien en particulier.

Je ressens un plaisir sincère aussi quand je déniche une veste à 4$ qui me va à merveille. Quand une personne trouve ce qu’elle cherche dans mes vêtements qui pendent mollement dans ma garde-robe depuis des mois, sans être portés.

Je consomme moins et je me sens mieux. Je me centre sur ce qui importe vraiment : ma famille, mes proches et moi.

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Changer nos habitudes de consommation

Ce texte a été rédigé par Stéphanie Deslauriers, psychoéducatrice et fondatrice du site.

Un nouveau vieux shoftshell...gratuit!
Un nouveau vieux shoftshell…gratuit!

J’ai vu passé, sur les réseaux sociaux, un article relatant une idée géniale : un endroit où les citoyens peuvent laisser leurs vêtements et accessoires en tous genres afin que d’autres en bénéficient.  « Ça rendra quelqu’un d’autre heureux », se disent-ils, en regardant pendre mollement leur chandail (qui a encore son étiquette depuis 1 an, moment de l’achat) dans leur garde-robe.

Le constat : les consommateurs hésitent devant un morceau de vêtement, même s’il est gratuit en se demandant s’ils le veulent VRAIMENT. Si non, « ça rendra quelqu’un d’autre (encore plus) heureux ».

Depuis belle lurette, je fais régulièrement un ménage de ma garde-robe, donnant et vendant ce que je ne mets plus. Mon constat? Des vêtements et accessoires en excellent état car…trop peu portés (voire jamais) prennent le bord.

C’est donc dire que j’ai travaillé pour amasser de l’argent, que j’ai pris et utilisé pour quelque chose qui est venu attendre son tour, en vain, suspendu à un cintre. J’ai littéralement perdu mon temps, tant en travaillant, qu’en magasinant. Et j’ai perdu un montant d’argent. Quel gaspillage!

C’est que j’ai une petite dépendance pour le magasinage, pour l’attrait de la nouveauté.

D’ailleurs, mes amies blaguent en disant : « Oh! C’est beau, ça! Shotgun pour dans deux ans, quand tu vas en être lasse! ». Surconsommation, quand tu nous tiens.

Et le truc, avec les dépendances, c’est que la compulsion de consommer (d’acheter, dans mon cas), calme l’obsession…sur le coup. Après, c’est à recommencer jusqu’à la prochaine rage de magasinage.

Et à voir les chiffres sur la surconsommation, les chiffres d’affaires des entreprises de vêtements, de cosmétiques, etc., je me doute que je ne suis pas la seule dans cette situation.

J’en ai pris conscience, j’y travaille activement (merci, ma psy!) et je chance mes habitudes de consommations.

J’ai commencé à faire des soirées « switch and bitch », le bitch en moins. Redonner une vie à mes vêtements, voir le sourire sur le visage de sa nouvelle propriétaire. Et même chose pour moi! M’extasier devant mes nouvelles vieilles choses desquelles je prends aussi (si non plus) soin que mes achats en magasin. Parce que je sais d’où proviennent les morceaux, je sais que c’est telle amie qui a eu ce chandail en sa possession, qu’elle l’a acheté en voyage, etc.

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Un veston à prix très modique

J’ai commencé à acheter des vêtements dans des friperies, à oser en recevoir des gratuits de la part de connaissances et amies et je ressens le même sentiment d’extase quand je reçois mes vêtements. Et je ne laisse plus rien entrer dans ma garde-robe sans en avoir sorti quelque chose au préalable. Et tout ce que je n’ai pas porté souvent  (ou pas du tout), que je n’ai pas porté depuis longtemps, out. Ça  rendra quelqu’un plus heureux que moi.

Et ça laisse de la place, de l’espace dans tous les sens du terme.

Vous, quelles sont vos habitudes de consommation?