Stéphanie Deslauriers

La lecture, toujours la lecture

Par Stéphanie Deslauriers.

Ceux et celles qui me connaissent savent à quel point J’AIME la lecture.

Dans les livres, je m’évade, je découvre, j’apprends, je m’émeus, je réfléchis.

Depuis toujours, j’aime profondément les livres jeunesse. Je considère qu’il faut tout un talent, un doigté, une considération pour les jeunes afin de leur raconter des histoires et des les faire réfléchir sans jamais les infantiliser tout en vulgarisant suffisamment pour qu’ils comprennent ce qu’ils ont à comprendre.

Car non, la lecture d’un livre ne fait pas le même effet à l’ensemble de ses lecteurs. Les réflexions et apprentissages que nous en tirerons dépendent de ce qu’on perçoit, ce qui nous touche, l’état dans lequel nous sommes lors de la lecture, les événements extérieurs qui peuvent nous influencer dans notre expérience, etc.

Récemment, la maison d’édition Fonfon a publié une première série de 4 mini romans s’adressant aux premiers lecteurs : Simon et moi. (Psst : ma collègue chez Les P’tits Mots-Dits, Alexandra Collin, vous en parle ici.)

Puis, la série Robert et moi a vu le jour.

L’auteur, Robert Soulières, nous donne droit à des perles telles que : “Quand je serai grand, je serai astronaute pour aller te voir quand tu es dans la lune” ou encore, “Quand je serai grand, je serai chasseur de larmes pour que tout le monde soit heureux”. Honnnn! C’est beau comme tout, n’est-ce pas?

Et Cyril Doisneau donne vie aux propos de M. Soulières via des illustrations mignonnes, chaleureuses et colorées.

Enfants et parents pourront rigoler et s’émouvoir ensemble. Car, sérieusement, quel meilleur moment parent-enfant que celui de la lecture qui précède le dodo?

Bonne lecture :)

Articles, Santé mentale, Stéphanie Deslauriers

Avoir un TDAH, c’est aussi… (2/2)

Par Stéphanie Deslauriers.

Voili, voilà la 2e partie!

Avoir un diagnostic de TDAH n’a pas que du mauvais, bien au contraire.

Image tirée de : http://www.keypersonofinfluence.com/wp/wp-content/uploads/2015/11/think-outside-the-box.gif

Le fonctionnement cérébral différent des gens ayant un TDAH fait en sorte qu’on a tendance à voir les choses…autrement. « Think outside the box », comme disent nos copains anglophones. Ceci amène donc une perspective différente, novatrice, créative.

L’imagination débordante, les idées à profusion, les projets, les défis font également partie du quotidien des personnes ayant ce diagnostic.

Le fait d’être téméraire fait en sorte qu’on a tendance à être plus audacieux, à ne pas attendre « d’être prêt » pour se lancer dans quelque chose de nouveau. Après tout, qui peut se vanter d’être totalement prêt à toutes les éventualités quand il essaie de faire une chose pour la toute première fois?

« Wow! Tu es fonceuse! Tu sais où tu t’en vas! » La vérité? Pas tout le temps. Souvent, j’ai peur. Mais vous savez quoi? C’est également souvent la peur qui devient un moteur pour les personnes ayant un TDAH. Cette peur devient un stimulant, un motivateur. Parce que qui dit peur dit également adrénaline. Et ça, on aime ça.

La curiosité est également un trait des personnes ayant un diagnostic de TDAH; poser des questions pour comprendre comment, pourquoi. S’intéresser (réellement) aux autres (psst : saviez-vous qu’une personne intéressée a tendance à être décrite comme intéressante par son entourage?), à leur vécu, à leurs histoires, à leurs manières de penser et de concevoir le monde. Vouloir découvrir de nouvelles choses, de nouvelles manières de faire, de nouveaux pays. Ça fait également en sorte que les gens ayant ce diagnostic sont ouverts d’esprit! Et ne jugent pas facilement autrui parce qu’ils ont tendance, grâce à leur grande sensibilité, à être très, très empathiques. Ils ont la capacité cognitive et imaginative de se mettre à la place de l’autre, de le comprendre de l’intérieur, donc. Et l’empathie est la clé des relations sociales harmonieuses.

Le sens de la justice est également une force chez les personnes ayant un diagnostic de TDAH. Encore une fois, leur grande sensibilité font en sorte qu’ils ont un radar à injustices et leur désir de rééquilibrer le tout peut les mettre dans des situations de tentatives de médiation, de résolution de problèmes et donc, de personnes ressources.

(Psst : Cette capacité tend à être perçue comme une lacune par les adultes ou personnes faisant preuve d’autoritarisme (et donc, d’autorité injuste et/ou injustifiée) puisque les commentaires et gestes des personnes ayant un TDAH sont perçus comme une tentative de « tester les limites », de « déjouer l’autorité » alors qu’en fait, ces personnes ont bien raison de réagir parce qu’il y a matière à réagir.)

Les gens ayant un TDAH ont une très, très grande capacité de concentration et d’abstraction des stimuli ambiants lorsqu’ils sont attelés à une tâche qui les passionnent! Du même coup, ces gens ont tendance, de par leur intensité, à en avoir, des passions. Et ça, ce n’est pas donné à tout le monde.

On les décrit comme intenses, pétillants, bons vivants, vivifiants, d’ailleurs.

Les personnes ayant un TDAH ont tant à offrir, que ce soit leurs talents multiples, leur sensibilité, leur sens de la justice, leur empathie, leur imagination débordante, leur leadership naturel, leur créativité, leur intérêt envers les autres, leur énergie, leurs idées, leur capacité à foncer…tant de raisons d’apprendre à se faire confiance, à les apprécier dans notre entourage et à se laisser inspirer par eux!

Articles, La vie, Santé mentale, Stéphanie Deslauriers

Avoir un TDAH (1 de 2)

Par Stéphanie Deslauriers.

Les mots qu’on utilise pour parler de soi sont fondamentalement importants.

Il y a une distinction majeure entre « être TDAH » et « avoir un TDAH ».

Oui, le TDAH est un fonctionnement cérébral différent qui amène plusieurs difficultés ; impulsivité, agitation, difficultés de concentration. Mais concrètement, ça veut dire quoi ?

C’est dire des choses sous le coup de l’émotion qu’on regrette amèrement quelques instants plus tard.

C’est tirer la langue, faire « le mauvais doigt » (comme le dit si bien Poulet), c’est écraser son poing sur la table, c’est crier, pousser, taper, lancer quand l’émotion monte en flèche et devient incontrôlable. C’est comme ça qu’elle fait, pour sortir : elle heurte les autres.

Et la personne qui adopte ce comportement ou verbalise ces paroles intenses et blessantes s’en veut tellement, après. Tellement qu’elle se traite de tous les noms :

Ah ! Que je suis niaiseuse !

Je suis un monstre !

Je ne mérite pas qu’on m’aime !

Je suis horrible !

Je me fais peur !

Je fais peur !

Je fais fuir les gens !

Je vais me retrouver tout seul !

Je suis le pire con !

Elle se répète tellement ces courtes phrases qu’elle peut finir par y croire.

Et parfois, c’est aussi le message qu’elle comprend, dans le regard des autres – enfants et adultes – qui reçoivent en pleine gueule ces mots et gestes.
C’est aussi avoir des fourmis dans les jambes et devoir les bouger dans tous les sens, sauter sur place, se tortiller sur sa chaise, jouer avec ses crayons, ronger son efface, gribouiller dans son calepin pendant des explications importantes en classe, se ronger les ongles, se craquer les doigts, se tourner la couette, alouette.

Image provenant de : http://www.ebay.co.uk/itm/Funny-Hamsters-Birthday-Card-Hamster-Jam-3D-Goggly-Moving-Eyes-Guitar-amp-Drums-/272268945177

C’est avoir 18 hamsters speedés dans le cerveau, qui ne se reposent jamais. C’est être fatigué d’être soi, d’être dans sa tête, dans ses pensées incessantes qui se heurtent à vive allure, qui arrivent et repartent immédiatement sans qu’on ait pu les mémoriser.

C’est accrocher les autres dans son agitation, c’est entrer dans leur bulle sans s’en rendre compte, c’est être maladroit, se cogner un orteil, un coude, une cuisse sur un coin de meuble. C’est étourdir les autres qui, pourtant, n’ont qu’un minime aperçu de ce qui se passe dans notre tête.

C’est partir dans la lune, perdre contact avec la réalité, ne plus suivre une conversation parce que le fil de nos pensées a pris le dessus, c’est voir le regard heurté de notre interlocuteur qui a l’impression qu’on ne l’écoute pas parce qu’on ne le trouve pas intéressant, c’est avoir du mal à se rappeler une conversation eue le matin même mais se souvenir en détails de la journée d’anniversaire de nos sept ans, alors qu’on en a 12.

C’est oublier ses cahiers à l’école, ranger le lait dans l’armoire, les céréales dans le lave-vaisselle. C’est ne plus se rappeler où sont nos clés, notre casquette, notre boite à lunch. C’est arriver en retard pour prendre le bus, c’est attendre le bus pour aller à l’école alors qu’on est samedi. C’est arriver le dimanche après-midi avec le cadeau de fête de notre copain alors que les festivités étaient la veille. C’est oublier de faire signer un document important à nos parents, le retrouver en boule dans le fond de son casier à la fin de l’année.

C’est se trouver niaiseux, stupide, étourdi. C’est se tomber sur la tomate, se dire qu’on ne fitte pas dans le moule, qu’on ne pourra jamais avoir une job de 9 à 5 dans un bureau gris avec du tapis beige. C’est avoir peur de s’emmerder, de se tourner les pouces puis, de se plaindre parce qu’on a (encore) surchargé notre horaire.

Alors, alors, on fait quoi pour ne pas virer fou ? Pour s’aimer un peu ? Pour trouver notre place dans le Monde ?

 

À suivre…

Articles, deuil, La vie, Santé mentale, Stéphanie Deslauriers

Perte de poids et beauté?

Par Stéphanie Deslauriers.

« Wow! T’as don’ ben maigri! »

« Hey, t’as perdu du poids! Ça te va bien! »

« T’es don’ ben belle! T’as maigri, toi! »

J’ai reçu ces commentaires au cours des derniers jours, alors que la température grimpe, que les couches de vêtements se font de moins en moins nombreuses et que je revois les voisins qui hibernaient.

Est-ce que c’est flatteur? Noui… Je suppose.

Est-ce que je suis don’ ben une féministe frustrée, pas capable de prendre les compliments et je ne sais quoi encore? Non. Je suis une féministe, oui, mais pas frustrée. Et j’apprends de plus en plus à prendre les compliments. À dire « merci » sans vouloir pitcher tout de suite un compliment à l’autre.

Mais est-ce que « perdre du poids » est un compliment? Est-ce que le fait d’associer la perte de poids et la beauté est sain? Ils sont plutôt là, mes questionnements. Ainsi que tout ce que la perte et la prise de poids sous-tendent.

Il y a deux ans, mon corps (et mon cœur) a subi un choc immense : celui de porter la vie puis, de la perdre. S’en est suivie une longue période de deuil, de déprime, de remises en question : « Pourquoi moi? Pourquoi la vie? Pourquoi la mort? Qui suis-je? Que sais-je? Où vais-je? ». La totale, quoi.

Et comme j’avais moins d’énergie (parce que je la passais à apprendre à vivre avec la vide et à essayer de répondre à des questions existentielles qui tournaient en boucles dans ma tête), je n’avais pas envie de cuisiner, de bien m’alimenter, de sortir dehors, de bouger. J’avais plutôt envie d’engouffrer un sac de chips au complet après avoir englouti une barre de chocolat au caramel à la fleur de sel. À engourdir mes sensations (dont celles de la satiété). De me sentir pleine à nouveau.

Toutou sur le bord de l’eau

Bien sûr, j’ai pris du poids. Personne (à part mon père; « y’é pas barré », comme on dit) ne m’a parlé de ma prise de poids. Ou de ce qui pouvait sous-tendre cela. Peut-être par malaise, par méconnaissance, par crainte de ne pas trouver les bons mots. Peut-être la peur de me blesser, aussi.

Depuis quelques mois, je me nourris mieux. J’ai envie de bien manger. De me sentir en forme. Depuis septembre, aussi, à tous les jours et ce, plusieurs fois par jour, je vais promener Toutou, je cours avec lui, lui lance la balle, l’amène au parc à chiens, alouette. Je mange beaucoup, beaucoup moins de comfort food, je mange quand j’ai faim et j’arrête lorsque je n’ai plus faim (!) et j’ingère beaucoup plus de fruits.

Dehors en tout temps!

Je me sens mieux dans ma peau, ça me fait du bien de prendre l’air à tous les jours en bonne compagnie, d’apprécier les moments de repas et d’être capable de tolérer la faim (sans le vivre comme un drame ou comme une angoisse du vide).Mais tout ça sous-tend quelque chose de fondamental : je vais mieux. Je vais bien, même. Mon deuil suit son cours, je suis capable de parler de l’enfant que j’ai portée sans pleurer (sans même en avoir le goût ou le besoin), je suis capable de sourire en me remémorant cette période de ma vie, de me défaire des vêtements de maternité, de me sentir ancrer dans le moment présent et j’en passe. Je vais mieux donc, je mange mieux et je mange mieux parce que je vais mieux.

Et c’est ça, qui me rend belle.

Opinions, Stéphanie Deslauriers

Aller au bout de ses rêves

Par Stéphanie Deslauriers.

« Ha! Que j’aurais aimé ça être psychologue! », rêvasse une comptable approchant la retraite.

« J’aurais tant aimé avoir ma pâtisserie! », s’avoue un travailleur social.

« J’aurais donc aimé… », « Avoir su… ».

J’ai toujours eu peur d’avoir des regrets, dans la vie. De ne pas faire quelque chose qui me faisait envie parce que j’avais peur; peur d’échouer, peur de réussir (!), peur de quitter ma zone de confort.

Je crois que c’est pour cette raison que j’ai toujours été fascinée – et franchement émue – par tous ceux et celles qui font un changement de carrière, qui retournent aux études, qui jonglent avec les coups durs de la vie (que ce soit la maladie, un deuil, etc.) pour en faire quelque chose de beau, de grand, de positif. Je pense à Nathalie Roy, auteure à succès, qui a commencé à écrire après avoir reçu un diagnostic d’arthrite rhumatoïde. Ou à Yannick Olassa, « Bouquineuse Boulimique », qui a commencé son blogue littéraire après avoir reçu un diagnostic de sclérose en plaques. Ou à toutes « mes » étudiantes universitaires, mamans, professionnelles dans un tout autre domaine que celui de l’intervention, mais qui viennent refaire un baccalauréat puis, une maitrise afin de devenir psychoéducatrices (c’est d’ailleurs ce qu’a fait notre collaboratrice Geneviève Chénard!).

Les deux proprios : Catherine Desforges et Lewis White

Il y a quelques années, une de mes grandes amies d’enfance, Catherine Desforges, s’est envolée pour l’Australie afin d’y compléter sa certification de plongeuse pour pouvoir être guide de plongée dans les eaux de ce pays magnifique. Longue histoire courte, elle y a rencontré l’homme de sa vie, Lewis White, un Néo-Zélandais venu en Australie pour exactement la même raison que ma copine. Ils se sont mariés, ont déménagé à Montréal, eurent beaucoup d’enfants un chien et sont retournés sur les bancs d’école afin d’apprendre les bases de la gestion d’une entreprise. Leur rêve commun? Ouvrir un café. Lewis s’est donc orienté vers un emploi de barista alors que Catherine, bien qu’elle a poursuivi quelques contrats en graphisme (sa formation initiale), est allée travailler dans un café afin de comprendre le fonctionnement sous-jacent au service aux tables. Comment ça roule, une cuisine? Comment on choisit le menu? Comment on choisit ses employés? Comment on gère les horaires?

Lewis a donc appris le français au cours des discussions entre copains, dans le cadre de son travail où tout roule très vite et dans le quotidien avec sa dulcinée.

Ils ont buché sur leur plan d’affaires entre deux quarts de travail, la recherche d’un nid douillet à l’extérieur de la ville (eh oui, la nature australienne et néo-zélandaise, où ils ont habité plus d’un an, leur manquait terriblement) ainsi que d’un local qui pourrait abriter leur café de rêve.

Le Café White & Cie

Ils ont finalement trouvé où ils avaient envie d’installer leurs pénates : St-Sauveur! Ils y ont déniché l’endroit parfait, ont planifié leurs travaux de réaménagement afin que l’endroit corresponde à qui ils sont et…l’ouverture est prévu pour dans quelques mois.

Il va sans dire que l’émotion est à son comble : non seulement une personne a travaillé d’arrachepied pour réaliser son rêve, mais cette personne est une amie de très, très longue date accompagnée de son mari.

Je suis choyée d’être entourée de personnes aussi inspirantes.

Vraiment.