La vie, Laure Rollier

Le jour où…

Par Laure Rollier.

Il n’est jamais facile de dévoiler aux autres ce que l’on est vraiment. J’ai l’impression que l’on passe le plus clair de son temps à se cacher derrière une façade. C’est humain, c’est naturel, peu de gens connaissent le véritable « nous », si ce n’est personne. Devenir soi-même est un long cheminement, certains n’y arriveront peut-être jamais. C’est triste à dire et à entendre, j’en ai conscience, mais c’est pourtant vrai.

Ne vous êtes vous jamais posé la question « Qui suis-je? ». Qui suis-je moi et qu’est-ce que je souhaite faire de ma vie? Parce qu’un jour, on se rend compte que l’horloge tourne et que si on ne bouge pas maintenant, on ne le fera jamais. Il n’est pas forcément question d’envoyer valser notre existence toute entière mais de nous rendre compte de nos propres attentes et aspirations. Il est parfois si facile de s’oublier lorsque l’on est en couple, que l’on a des enfants, un travail épuisant…

Crédit photo : Laure Rollier

Il faut souvent aux gens un événement dramatique pour qu’ils se rendent compte à quel point la vie est fragile, qu’il faut la préserver mais également en profiter. Et pour ne pas avoir l’impression d’en être passé à coté, il faut en être acteur et non plus spectateur. Etre acteur de sa vie, c’est accepter et dévoiler ce que l’on est.

Je suis écrivaine. Des centaines de personnages vivent dans ma tête, cela fait certainement de moi une illuminée, et alors? Ils ont toujours été là mais je ne les ai pas toujours écoutés. Ils parlaient à voix basse dans un coin de ma tête, vivaient leur petite vie sans moi, me regardaient tristement faire comme s’ils n’existaient pas. Jusqu’au jour où j’ai accepté de leur faire une vraie place dans ma vie. Ce jour là, la mienne a commencé également. Et la votre, elle commence quand?

« Le monde ne vous donnera jamais que la valeur que vous vous donnez vous-même. » Joseph Murphy.

Articles, La vie

Les plans de vie?

Par Geneviève Chénard.

On demande toujours aux enfants leur plan de vie : ce qu’ils feront plus tard, s’ils veulent des enfants, une maison, des loisirs… mais on oublie, peut-être trop rapidement, que les plans sont faits pour être changés, abandonnés, modifiés, remodelés.

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Je n’ai jamais été douée pour tenir mes plans de vie. Ou alors la vie n’a jamais été douée pour m’accorder la possibilité de les réaliser. Ce n’est pas triste, c’est juste un fait. Bien au contraire, il semble qu’à chaque fois que la route m’a obligée à bifurquer, c’était pour de meilleures conditions. Ou alors c’est parce que je choisis de donner un sens à ces deuils en me disant que ce n’était sans doute pas pour moi.

Plus jeune, mon plan était simplement de terminer mon secondaire, puis de faire mon CEGEP. Petite, je rêvais d’être archéologue, fan que j’étais d’Indiana Jones dont la vie trépidante me faisait envie. Plus la fin du secondaire approchait, moins cela semblait se concrétiser. J’ai finalement opté pour des détours en technique juridique, puis en administration avec une spécialisation en marketing. Finalement, à la suite d’une révolte tardive, j’ai plutôt tout abandonné pour devenir agente de recouvrement dans une compagnie de crédit qui n’existe plus aujourd’hui.

Par la suite, alors que je ne voulais surtout pas d’enfants, j’ai rencontré un homme, qui est devenu le père extraordinaire d’une petite fille. Une seconde allait apparaitre dans ma vie. Je le dis sans regret et avec tout l’amour qu’elles m’apportent à tous les jours. Je ne suis plus avec le papa, mais je ne regretterai jamais cette époque de ma vie. La partie ironique : la première est arrivée alors que je venais de m’inscrire en archéologie à l’université…. Quand je dis que je n’étais pas due!

À la suite de ces petites puis, de plus en plus grandes surprises, je me suis finalement inscrite en psychoéducation. J’ai commencé à enseigner et à pratiquer mon métier. Une chirurgie ratée allait m’empêcher de pratiquer plus longtemps. Cela m’a toutefois permise de découvrir de nouveaux rêves, de nouvelles amitiés, de nouveaux défis.

Côté amour, la vie a remis sur mon chemin mon prince d’enfance, celui que je rêvais de voir à mes côtés sans jamais le dire. Je l’ai épousé, puis, dernièrement, nous nous sommes séparés. Le conte de fée prévu allait s’avérer être ponctué de difficultés, de conflits, de famille recomposée. Un autre deuil dont l’intensité varie depuis des mois, mais qui mène quand même à la fin d’un rêve. Et c’est là que je me rends compte que je ne fais jamais rien de ce que j’avais planifié.

J’ai dernièrement redemandé à mes enfants ce qu’elles voulaient dans la vie et j’ai adoré la somme des choix et non leur finalité. Comme si elles savaient que de toute façon, elles ne contrôlaient pas tout et que l’idée était plutôt de se rendre au bout avec du plaisir, plutôt qu’avec des regrets, des deuils inachevés, des frustrations.

Faire des plans oriente l’action, mais ne pas s’en défaire lorsqu’ils deviennent impossible engendre la mélancolie, le regret, l’aigreur.

Et vous, quels sont vos plans?