Apparences et réseaux sociaux

Par Marie-Noëlle Gysel.

Un proverbe bien connu nous rappelle qu’il « ne faut pas se fier aux apparences ». Pourtant, elles semblent bien importantes, en 2017, les apparences. À l’ère de Facebook, Instagram, Snapchat et j’en passe, l’apparence est devenue notre priorité.

On croirait presque que l’important n’est plus de passer de beaux moments, mais de montrer à tout un chacun que l’on en passe, des beaux moments. Il faut afficher aux yeux de tous notre dernier voyage, le coucher de soleil aperçu hier et la promenade en vélo qu’on a faite. Et encore, si ce n’était que de ça, on s’en sortirait tout de même. Mais non, ce n’est pas suffisant.

On doit afficher notre dîner santé, notre smoothie vert, notre sortie au zoo avec les enfants, notre après-midi à cuisiner des cupcakes avec la famille. Et surtout, surtout, on doit afficher notre meilleur angle. Au besoin, on ajoute un filtre, question d’embellir la scène. Finalement, l’important, ce n’est pas tellement ce qu’on fait, mais bien ce que l’on montre qu’on fait.

La fois où les enfants se sont chicanés pendant l’après-midi, où on a décongelé une pizza pour le souper, où on n’a pas eu le temps de ramasser le salon ou de planter nos fines herbes, on se garde bien de les afficher sur les réseaux sociaux. Pire, on mettra peut-être quand même une photo des enfants, juste avant la chicane, même si l’activité n’a pas vraiment été un succès. Parce que ce qui est important, ce n’est plus ce qu’on fait, c’est le nombre de likes qu’on reçoit.

Le problème de ce fléau, c’est qu’il s’ensuit une compétition et une comparaison malsaine, plus ou moins avouée, entre chacun. Lorsque dans notre salon non rangé, en mangeant notre pointe de pizza sur le pouce, on voit une photo de la salade melon d’eau et feta de notre « amie Facebook », on se sent coupable. Ne serait-ce qu’un tout petit peu, à l’intérieur de nous. On aura donc envie, inévitablement, de publier nous aussi une belle photo de notre prochaine salade. Parce que nous aussi, on mange santé et on doit l’afficher.

Si chacun prenait le temps de partager davantage sa réalité, la vraie, il y en aurait peut-être moins, des comparaisons malsaines. On verrait même peut-être renaitre un peu de compassion et d’entraide. On pourrait en rire, de la énième chicane de nos enfants aujourd’hui, de la crise qu’ils ont fait au zoo, de la pizza qu’on a décongelé parce qu’on n’avait pas envie de cuisiner.

Parce que c’est normal, de ne pas toujours avoir envie de cuisiner. C’est normal que parfois, les enfants se chicanent, même pendant une belle activité familiale. C’est normal, que le ménage ne soit pas toujours fait.

Comme individu, comme parent, comme famille et comme société, je nous souhaite un peu plus de partage authentique, et un peu moins de filtres. Je nous souhaite des discussions honnêtes, de l’autodérision et surtout, un peu moins d’autocritique lorsqu’on s’aperçoit que notre réalité ne correspond pas à celle qu’on voit sur les réseaux sociaux. Parce que la réalité des réseaux sociaux, elle correspond à quoi, au fond? À un désir de bien paraître, bien plus qu’à un réel partage.

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Se parler en 2017

Par Guillaume Bertrand.

Peut-être est-ce le temps qui manque. Les heures, les minutes et les secondes passent vite. J’oubliais… Possible aussi que je sois effrayé d’aller de l’avant dans ce monde parfois dur ou étrange. Ou que je sois un peu… fragile.

NON!

De nombreuses choses et des comportements malsains doivent changer rapidement. Par exemple, les façons absurdes qu’ont certain(e)s de communiquer entre eux. Puis on a le culot d’exiger des enfants : politesse, bon jugement et compréhension. Ça me met hors de moi. Regardons un peu puisque les exemples pleuvent, c’est indéniable. Il y a de quoi sursauter.

Quand ça ne va pas, qu’un conflit survient et effectivement, pour qu’il soit réglé, chacun doit y mettre du sien. Pourtant à de nombreuses occasions, il est exceptionnel que l’un s’excuse, directement, d’avoir fait de la peine à l’autre. Par contre, les gens (jeunes et adultes) adorent sortir spontanément : Ce n’est rien de « personnel » ou, « contre toi », pour ne pas avoir à expliquer ou dire la vérité.

Et bien, mauvaise nouvelle… malheureusement, on ne va pas loin avec ça! Et c’est tellement insultant. Surtout pour celui ou celle qui est prêt(e) à écouter sans juger. Oui, on dirait que je me répète, Savoir réconforter en faisait mention, mais c’est nécessaire.

Faisons attention aux mots, aux gestes et aux sous-entendus déplacés. Nous avons tous des points sensibles, puis des choses à corriger. Et quand la relation est excellente, faisons durer le plaisir. L’amitié, l’amour et juste le fait d’apprécier le monde nous permettent parfois d’aller plus loin, de découvrir des qualités et de garder confiance en soi.

Pour entrer en contact avec les gens, les réseaux sociaux sont plus que magiques. Mais! Il est impératif d’arrêter de donner cet argument pour expliquer soit la gêne ou d’autres difficultés sociales dans « la vraie vie ». Sur Internet puis dans le réel, les règles sont les-mêmes.

Finalement, chacun a le devoir et le pouvoir de se faire respecter. Puis si jamais on vit un désaccord, il est préférable de sortir la remarque qui sera confrontante sans faire de dommage. Une réponse brillante, pas vulgaire et inattendue qui fait réfléchir. Voilà!

« Exprimez-vous »

Par Stéphanie Deslauriers.

Sur Facebook, avant d’écrire une publication, il est inscrit en gris : « Exprimez-vous ».

C’est ce que plusieurs font; ils s’expriment à propos d’une vidéo de chats, ils s’expriment en partageant leur joie de « tomber » en vacances, ils expriment leurs inquiétudes en lien avec une situation sociale, ils expriment leur reconnaissance envers des copains passés à la maison la veille.

Certains et certaines s’expriment à propos de sujets plus controversés : la religion, le sexe, les sexes, l’immigration, l’inclusion sociale/scolaire, la politique, etc.

Pourquoi ces sujets sont-ils plus controversés? Parce qu’ils ne font pas l’unanimité, parce qu’ils éveillent des sensibilités en nous, parce qu’ils touchent directement nos valeurs et croyances fondamentales en plus de titiller nos peurs viscérales.

La peur. Cette émotion universelle, normale, saine. Cette émotion qui permet depuis des milliers d’années la survie de l’espèce en nous poussant à fuir ou à combattre.

L’anxiété prend racines dans la peur. L’anxiété, c’est lorsque la peur prend toute la place, lorsqu’elle est causée par un danger imaginaire ou réel qu’on croit ne pouvoir affronter. On se sent impuissants, petits, en perte de contrôle, affolés.

Et sentir qu’on perd le contrôle dans un monde archi-organisé, c’est angoissant. C’est donc dire que ça rajoute une couche à la peur initiale ressentie.

On peut avoir peur d’une multitude de choses : du noir, des Noirs, des araignées, des chiens, des humains, de la différence, de l’inconnu, des inconnus, des gais, de l’abandon, de la honte, du mépris, de la fin du monde, du monde pas fin, de l’avenir, du passé qui nous hante, des transgenres, de soi, etc.

La peur en soi n’est pas négative; c’est la façon qu’on a de l’exprimer et de la gérer qui peut l’être.

L’inconnu, l’incompréhension, ça fait peur. Mais que fait-on avec cette peur? On la garde pour soi? On l’alimente en s’alliant à des gens qui partagent les mêmes peur que nous? On la corumine avec eux? On la garroche en plein face de ceux qui nous la font ressentir? De ceux qui ne la ressentent pas dans une tentative désespérée de les contaminer avec la nôtre? On gueule sur ceux qui ne voient pas le danger là où nous on le voit, sans tenter de comprendre pourquoi eux n’ont pas peur? Sans tenter de cesser d’avoir peur en essayer de comprendre notre incompréhensible?

On a peur de ce qu’on ne connaît pas. De ce qu’on ne comprend pas. Mais il semble que peu tentent de comprendre, de voir plus loin que leur peur. Que beaucoup justifient leurs faits et gestes par la peur (oh! Sans la nommer ainsi, évidemment; c’est bien connu que « la peur, c’est pour les faibles ».) voire même excusent également les autres (qui ont les mêmes peurs qu’eux, évidemment).

La peur, ça mène à construire des murs, à isoler, à déclarer la guerre, à se boucher les oreilles et à se convaincre qu’on a raison. Ça rassure, avoir raison.

Et ceci, on l’observe à l’échelle mondiale mais à l’échelle personnelle, aussi.

Dernièrement, plusieurs copines et collègues ont annoncé cesser leurs activités de partage d’opinions car elles reçoivent trop de commentaires haineux, sur la place publique ou en privé. Parce qu’elles constatent que le débat n’arrive pas à se faire dans le respect de l’autre.

Oui, exprimons-nous, mais pas n’importe comment. Avec respect – de soi et de l’autre. En tentant de comprendre le point de vue de l’autre, en acceptant qu’on n’a pas la vérité absolue (non, notre vérité n’est pas forcément celle de l’autre. C’est ce qu’on appelle l’empathie).

Après tout, on est aussi des modèles pour nos jeunes à qui on somme de « bien se comporter » sur les réseaux sociaux et « dans la vraie vie » sans qu’en tant qu’adultes, on y arrive.

Quand Facebook et la réalité collent

Par Guillaume Bertrand.

Enfants, jeunes et adultes ont un devoir sur les réseaux sociaux : celui de s’améliorer tout en appréciant les qualités qu’ils ont. Il existe des moyens pour y arriver facilement. Par exemple, faire un bilan de chaque bon coup, au cours de la journée et des actions qui changeront peut-être le quotidien de quelqu’un. Même si le but premier reste de se féliciter. Il est possible que tu le fasses déjà, puis que tu sois super fin dans le réel. Or agis pareil dans le monde virtuel. Tu vas tellement gagner gros au final.

Sache en réalité que si tu portes un peu attention aux erreurs que tu commets sur le web, peu importe de quelle façon, tu avanceras. Avec un peu d’aide, c’est certain! Pense aux gens assez sensibles et comprends qu’ils peuvent « interpréter » difficilement quelque chose que tu viens d’écrire. C’est trop facile d’exiger qu’une personne ne se laisse pas « atteindre » par ce qu’elle voit. Être vigilant, ça a du bon.

Cependant, tu as le droit à tes montées de lait, ce n’est pas interdit. Tant que tes propos ne visent pas un individu directement, et que c’est acceptable.

Non, ce n’est pas facile d’user de prudence chaque seconde. Des choses viennent te chercher et c’est normal de t’affirmer. Cependant comme dans tout, il est très essentiel d’assumer, et d’être poli, fort heureusement. Évidemment je n’exige pas, si tu me lis : La perfection. Il se peut que tu stagnes durant un interminable moment! Ne t’en veux point, et ne panique jamais! Car tu as tes forces, comme tes difficultés. Tu es capable, que tu sois un gars ou une fille. Tu es unique!

#LesCommentaires

Par Guillaume Bertrand.

Sur les réseaux sociaux ou dans le réel, si une chose en particulier m’agresse, c’est bien lorsqu’un événement terrible ou déplorable arrive puis qu’un certain type de commentaire revient! Là, si vous voulez mieux me comprendre, je vous éclaire :

Un accident relié à la témérité, un délit, et j’en passe, ces choses graves blessent énormément l’entourage des gens concernés ou choquent la majorité de la population. Et comment!

Tout ce qui est évitable et très tragique vient nous chercher. Cependant, c’est la façon de réagir de bien des amis ou d’autres personnes qui commentent que je dénonce et trouve légèrement égoïste. Il faut, dans la vie, savoir dire des propos au bon moment. Se mettre dans la peau des gens n’est pas difficile. Pourtant (et malheureusement) à la radio, sur Facebook (ou autre autant connu), autour de nous, à la télévision, il n’est pas rare que quelqu’un se serve d’une petite information de la nouvelle et sorte ceci ou cela  : « Ce ne sont pas tous les jeunes, il ne faut pas généraliser, ou, mettre tout le monde dans le même panier, Ça aussi ça arrivait dans notre temps, Des idiots, il y en a partout ».

Ce n’est pas tout. Il arrive plutôt fréquemment que d’autres en ajoutent : « Je ne comprends vraiment pas ce qui a pu se produire, c’est un bien bon petit gars. Des erreurs, tout le monde en fait. »

Partager son opinion reste un privilège, et chacun a la responsabilité de faire attention. Je mentirais si je disais que ce rêve est totalement réalisable mais j’espère qu’un jour et encore plus tôt, l’amélioration se verra. Facile de se fâcher ou de défendre, trouver des solutions l’est un peu moins. Mais plus les idées ont du sens, plus la page se tournera rapidement. Et, une dernière chose : Un mot bien encourageant n’a jamais tué personne. A trop voir de négatif, on oublie que le positif peut l’emporter. Et c’est extrêmement dommage! Eh oui!