Prendre pour acquis

Par Marie-Noëlle Gysel.

Dans la vie, chacun fait son bout de chemin. Chacun avance vers ses projets, ses ambitions, ses rêves. On se plaint parfois que notre horaire de travail ne convient pas, que l’argent amassé n’est pas suffisant pour qu’on s’achète la voiture de l’année ou pour nous permettre de renouveler notre garde-robe avec les derniers morceaux à la mode. Avoir des projets, des envies et des souhaits, c’est une bonne chose. Par contre, le monde de consommation dans lequel on vit nous amène parfois à prendre bien des choses pour acquis.

Crédit photo : Marie-Noëlle Gysel

Prendre pour acquis des choses comme partir en voyage, aller voir un spectacle, ou s’acheter des vêtements à notre goût. Prendre pour acquis la base comme vivre dans un logement propre ou manger trois repas par jour. On en oublie parfois qu’on est privilégiés, que notre base acquise, elle n’est pas la même pour tout le monde. Pour plusieurs, cette base qui parait si simple, elle est loin d’être acquise. Elle est leur rêve, leur souhait. Ce à quoi ils aspirent. Et ces gens pour qui rien n’est acquis, ils ne sont pas seulement dans les pays en voie de développement. Ils sont aussi au Québec, à Montréal. Ce ne sont pas seulement les itinérants qu’on croise chaque jour, en proie à la pluie et au vent. En proie à la vie. Ce sont aussi nos voisins de quartier, de rue, de logement. Des familles de quatre enfants dans un trois et demi, des parents qui se privent de manger à leur faim pour mieux nourrir leurs enfants, ça existe. Des gens pour qui chaque nouvelle journée est un combat, une lutte pour assurer un meilleur avenir que le leur à leurs enfants. Pour ces gens, avoir un logement propre, une chambre pour chaque enfant, ou une certitude de ne pas manquer de quoi manger, ce n’est pas une base acquise. C’est un rêve auquel ils aspirent. Partir en voyage ou aller voir un spectacle? Loin d’être un projet, c’est plutôt une fantaisie irréaliste, un rêve inaccessible.

On oublie parfois que même chez nous, au sein d’un pays riche, développé et en paix, de grandes inégalités persistent. On oublie souvent que notre base à nous, en tant que professionnel, membre de la classe moyenne, elle représente le souhait de plusieurs. Doit-on commencer à donner à ces gens, à les aider financièrement? Si on le souhaite, pourquoi pas. Est-ce nécessaire? Non. De prendre conscience de notre chance, de profiter de nos possibilités et de connaître la réalité inégale qui nous entoure, représente en soi un premier pas. Ne pas prendre pour acquis le fait qu’on soit en mesure de manger à notre faim, dormir sous un toit, et répondre adéquatement à nos besoins de base. Savoir que ce n’est pas le cas de tout le monde, qu’on est chanceux d’être né sous une bonne étoile. Qu’au moment de notre naissance, on a probablement gagné à la loterie, parce qu’en plus de naitre dans un pays en paix et développé, on a un emploi, un logement et un revenu suffisant pour nous combler. On a la possibilité de se prévoir un voyage ou de s’exercer à un loisir qu’on aime? Profitons-en. Seulement, prenons conscience de ce qu’on possède, de nos conditions de vie, des possibilités qui s’ouvrent à nous. Soyons reconnaissant d’avoir accès à toutes ces opportunités. Ne prenons pas pour acquis que chacun a la même base. Et profitons des beautés de la vie.

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Petits bonheurs au quotidien

Par Marie-Noëlle Gysel.

Il parait que les épreuves de la vie nous permettent d’apprécier les petites choses du quotidien. Que ces épreuves changent notre perception, notre vision du monde, et même parfois nos valeurs et nos choix. Ça n’arrive pas au début, alors qu’on est envahis par la peur, la colère et le désespoir, mais un peu plus tard, lorsqu’on traverse tranquillement la période difficile. Quand les nuages noirs cèdent la place à de petits rayons de soleil, à ce moment, on arrive à apprécier les petites choses de la vie.

Probablement que l’on prend conscience, réellement, de la valeur de la vie. En général, les gens ont une conscience lointaine de la valeur de la vie. Bien sûr, chacun peut apprécier le goût d’un bon verre de vin ou la vue d’un beau coucher de soleil. On a par contre tendance à prendre ces petites douceurs et moments agréables pour acquis, comme des éléments renouvelables, qui vont forcément revenir. Ce qui peut nous amener à les vivre en superficie, à la légère, sans y prendre part complètement. En ajoutant à cela le train-train quotidien éreintant que vivent bien des gens, la capacité à apprécier les petites choses de la vie peut se trouver beaucoup plus limitée.

Lorsqu’on traverse une épreuve difficile, peu importe la situation, on prend alors conscience de la valeur de la vie, réellement. On apprécie mieux les petites choses, parce que chacune d’elle, aussi petite soit-elle, on a failli ne plus jamais pouvoir en profiter. Et par une décision aléatoire, par une chance qui nous dépasse, il a été décidé qu’on n’était pas dû, et qu’on pourrait à nouveau en profiter. Chaque café, chaque livre, chaque pièce musicale, chaque moment de détente, chaque tour de voiture, sont autant de moments qu’on a failli ne plus jamais pouvoir vivre. Voilà de quoi leur redonner une certaine valeur.

Sans tomber dans les extrêmes en s’émerveillant de tout ou en se demandant constamment si on profite assez de la vie, on gagnerait tous à apprécier davantage les petits éléments de notre quotidien. Arrêtons d’attendre le vendredi soir ou l’heure de quitter le bureau pour se sentir bien. Profitons d’un échange positif avec un collègue, d’une blague lue sur internet ou d’une chanson qu’on aime à la radio. Parce qu’aussi futiles qu’ils peuvent le sembler, aucun de ces moments n’est complètement acquis. Aucun d’eux n’est assurément renouvelable. Arrêtons d’attendre les grands évènements, et remarquons le positif de notre quotidien. En plus de profiter davantage de la vie, il nous paraîtra certainement plus léger ainsi.

Conseils et reconnaissance

Par Guillaume Bertrand.

Chaque jour, lorsque nous posons des actions autour de nous, cela peut avoir de bons effets sur l’entourage puis d’autres qui le sont moins. Tout dépend de la situation. Viennent alors des gens qui prennent le temps d’offrir des commentaires. De ces mots, prenons-en, ou laissons-en, mais dans la réalité, plusieurs feront leur chemin à nos oreilles… Inconsciemment!

Vivons ce moment où ça fait mal lorsque ça ne va pas, qu’il faut recommencer, car il ne dure pas longtemps et il est important. Les gens disent trop souvent qu’il faut TOUJOURS bien réagir mais dans un sens, ça ne regarde que celui qui doit se revérifier. Alors un peu de compréhension puis de tact… Voilà! Ça aide à faire passer le choc.

Maintenant : Place au positif, à ces douceurs, à ces paroles qui font tant de bien. Il est toujours important de se servir de nos forces pour être en mesure de corriger nos erreurs, de travailler sur ce qui est plus difficile. Pensées d’un sage??? Non! Mais les exemples ci-dessous démontrent qu’il y a un sens à ce que je mentionne. Prêts ou pas, les coups de coeur sont là. Je tiens à remercier ces personnes :

Julie La Rochelle qui m’a fait cette offre si incroyable d’être conférencier, dans le cadre du Salon de la santé en 2017.

Audrey Sylvestre, grande amie maintenant, qui m’a dit de si bons mots près du stationnement à La Cage (Brasserie Sportive), en lien avec Facebook. Et, elle a organisé un souper avec la gentille chanteuse : Myriam Webber! Depuis, elle m’encourage régulièrement.

Puis, je pense aussi à tous mes instructeurs de tennis qui m’ont vraiment donné une chance, et la grande opportunité d’être le joueur que je suis présentement.

Finalement, il est possible de réaliser bon nombre de rêves. Tout le monde peut y arriver. Avec aide, ou seul. Patience et embûches font cependant partie du jeu. Ensuite, c’est la fierté puis le bonheur qui s’installent. C’est assuré.

 

L’art de bien s’entourer

Par Geneviève Chénard.

Je suis profondément amoureuse de mes amis. Ils sont ma famille, ma passion, mon quotidien. À plusieurs d’entre eux je parle tous les jours, même si ce ne sont que quelques mots sur Facebook. Ils sont mes tuteurs de résilience, mes supports physiques et psychologiques. Ils sont, tout simplement.

Je clame souvent la chance que j’aie de les avoir. On me répond que ce n’est pas de la chance. Soit! Mais dans le fond, ça en est! Ils sont là, dans ma vie, à la suite de rencontres fortuites ou parce qu’ils étaient la relation de relations. Ils ont été mes intervenants, mes collègues de classe, mes co-zélés dans des projets communautaires, mon inspectrice en bâtiment, mon coach dans un concours, mes étudiants, les blondes ou chums, frères ou sœurs d’autres amis, cousins, beaux-frères et belles-sœurs, associés, collègues de travail, amoureux. Ils sont issus de l’enfance, de l’adolescence, de l’âge adulte; j’en ai qui sont là depuis plus de 30 ans.penseeposit

Tous les jours, ils prennent tous le risque de m’entendre grogner, de me voir pleurer, de me voir me tromper (et de répéter mes erreurs à quelques reprises!). Ils me prêtent les épaules pour pleurer, les bras pour travailler, les têtes pour réfléchir et les rires pour décanter. Durant la dernière année, alors que je tardais à faire des changements à vie et que je répétais sans cesse de la même chose, ils ont été là, ils ont été des amis. Sans eux…. Je n’aurais jamais pu laisser repousser mes ailes.

Avec toute ma tendresse, parce que grâce à vous le soleil brille de plus en plus fort.

La culture du désir

Par Stéphanie Deslauriers.

J’ai un ami qui a 72 ans (me semble. J’ai perdu le compte après 70). Il aime se faire philosophe et m’éclairer avec les apprentissages qu’il a fait tout au long de sa vie.

Une de ses philosophies de vie est de cultiver le désir. Bon, OK, lui, il l’applique davantage dans sa vie personnelle et m’a encouragée à en faire autant dans la mienne ; prendre le temps de s’ennuyer de l’autre pour avoir hâte de le revoir (et que cet autre ait tout aussi hâte) afin que les retrouvailles ne soient que plus délectables.

Je suis tellement YOLO que j’ai décidé (consciemment ou pas, je ne sais pas encore. Freud, psychanaliste sur l’Opium qui traitait les femmes avec qui il couchait, t’en dit quoi ?) de l’appliquer aussi dans ma vie professionnelle.

C’est que je me rappelle très bien des paroles de ma superviseure de stage de maitrise, qui m’avait déclaré avec plein de bienveillance : « Toi, je te souhaite de te planter ».

J’avais été un peu insultée, quand même. Pourquoi souhaiter à quelqu’un de se planter ? Voyons ? Comme si je ne m’étais jamais plantée ?

En fait, je ne m’étais jamais réellement planté. Pour vrai. En fait, selon la théorie de l’estime de soi, on tend à choisir des activités dans lesquelles on sait qu’on va performer. Et quand j’ai choisi une activité, j’ai l’orgueil dans le tapis, la persévérance aussi et je fonce.

Quand j’ai commencé la danse, à 11 ans, j’étais poche ! Moi et mes grands bras, on savait pas trop comment se placer. Mon grand tronc encore un peu molasse non plus, d’ailleurs. C’était pas de toute beauté. Mais je continuais à danser, parce que j’aimais ça. Je dansais dans ma chambre, à l’école, dans le sous-sol de ma BFF, dans mes cours… Et je me suis améliorée. Genre, vraiment beaucoup. Quelques années plus tard, après un refus, j’ai été acceptée dans la troupe de danse, tsé veux dire !

Le soccer ? Même chose. Pas grand grand coordination après ces grandes jambes-là. Mais j’aimais ça, courir dans le gazon après un ballon bicolore. Faque j’ai continué. Pour devenir la « surveille la p’tite (grande) numéro 11 » et la meilleure compteuse de la ligue, genre.

failEt ça a été comme ça un peu partout, à vrai dire. Plus jeune, j’ai apprécié ce processus d’amélioration, d’efforts et de persistance.

Plus vieille, moins. Je voulais toute, tu suite. Comme bien des gens de ma génération (Eh que ça me gossait, quand mon chum X disait ça de MA génération Y. « C’est une généralisation hâtiveeeeuh ! »). Mais c’est vrai. C’est vrai qu’on a été élevé à coup de « tu peux tout réussir ! Mets les efforts et ça va marcher ! ». La vérité, c’est que ce n’est pas toujours comme ça. Il y a d’autres facteurs que le travail (même si c’est, selon moi, LE facteur principal) ; il y a le timing, la chance, les contacts, aussi. Certaines choses qu’on contrôle moins. Sur lesquels il faut lâcher prise (yark !).

Ça fait que j’ai commencé à ressentir de l’envie, de la jalousie, un sentiment d’injustice. « Ben là, comment ça, ELLE, elle est rendue où je veux être pis pas moi ? ». J’ai hais ça, ressentir l’envie. Ça tord le cœur dans tous les sens. Très, très désagréable.

Puis, j’ai commencé à recevoir des refus ; de manuscrits, de collaboration dans les médias (des fois, même, avec pas de réponse. « Hey, j’existeeeeuh !! »), de contrats d’enseignement, de jobs que je voulais don’…

Pis j’en suis même pas morte ! Au début, mon égo était vraiment atteint. « Ben là, comment ça ? Je suis tellement exceptionnelleuuuh ! Je le mériteeeuuh ! »

Mais j’ai réalisé que c’était pas toujours une question de mérite ; mais de timing, de chance, de contacts… Pis des fois, c’est juste qu’on est pas prêts, qu’on a pas TOUT ce qu’il faut pour que ça marche là, là. Pis ça veut pas dire qu’on est poches pour autant.

Avec des échecs, j’ai commencé à vraiment saisir à quel point j’étais choyée et reconnaissante quand quelque chose qui me tient à cœur fonctionne. Parce que non, toute ne m’est pas dû. Non, ce n’est pas (toujours) une question de mérite.

Et j’ai commencé à enjoyer non pas que le résultat final, mais tout le processus qui m’y mène. Et ça, si c’est pas la culture du désir, je ne sais pas ce que c’est !