Émancipation des pères

Par Eve Anabelle Saintonge.

Les publicités québécoises sont reconnues pour avoir des saveurs particulièrement féministes. Avez-vous remarqué que souvent, la femme est celle qui a toujours raison et l’homme… Le tata?! Selon mon vocabulaire, je n’adjectiverais pas ces pubs comme féministes, mais plutôt comme sexistes. Le féminisme cherche l’égalité des sexes et non de rabaisser l’un pour faire remonter l’autre.

Depuis que je suis une maman d’une petite fille, je suis hypersensible à la réalité des femmes. J’ai compris que ce combat ne peut se faire de la part d’un seul sexe, mais bien des deux. Pendant mes longues réflexions, j’ai réalisé qu’il existe une révolution bien tranquille et qui manque de reconnaissance. Je vous parle de l’émancipation des pères.

Émancipation. n. f. Action de s’affranchir d’un lien, d’une entrave, d’un état de dépendance, d’une domination ou d’un préjugé. Dictionnaire Larousse

Préjugé. Oui, des préjugés envers les pères il y en a trop. Les préjugés sont des jugements formés à l’avance selon des critères personnels ou sociaux envers des personnes. À force d’entendre des publicités où les hommes sont décrits comme des tatas, des niaiseux ou des bons à rien, nous nous trouvons parfois à généraliser ce portrait à d’autres domaines de la masculinité, dont la paternité.

La fameuse phrase « (…) au moins il joue avec ses enfants » a été pendant une période de temps un statut de louanges pour les pères, mais il est devenu une insulte pour plusieurs d’entre eux de nos jours.

Les pères sont maintenant plus impliqués que jamais auprès de leurs enfants. Ils sont parfois ceux qui désirent davantage vivre la parentalité dans le couple. Ils peuvent être les premiers assis à l’avant posant le plus de questions pendant les cours prénataux et les groupes d’habiletés parentales. Sans oublier qu’ils changent les couches, donne le biberon ou encourage la mère en souffrance lors de l’allaitement. N’oublions pas qu’il y a des pères qui souhaiteraient eux aussi avoir la garde à temps plein de l’enfant, mais que le système est en général favorable aux mères. Ainsi donc, ils doivent se battre plus pour les mêmes reconnaissances parentales que celles-ci. Ou ils sont souvent moins informés que les mères puisque les intervenants ou les professionnels s’impliquent prioritairement auprès des mères.

De nos jours, les pères participent autant que les mères au développement de l’enfant. Cette émancipation n’est que bénéfique pour nos enfants, nos familles et notre société.

Les pères participent au développement de la sécurité émotionnelle des enfants, de la confiance en soi pour explorer l’environnement et à leur santé en général. À l’adolescence, un père présent influence les relations envers l’autorité et l’autre sexe en plus de contribuer au succès académique.

Devant ce très court bilan des effets bénéfiques de la présence des pères chez les enfants qui se répercutent jusqu’à l’âge adulte, mes questions restent les suivantes.

Est-ce que les mères ralentissent cette émancipation? Laissent-elles la chance aux pères de rassurer leur enfant lorsqu’il est en détresse ? L’opinion des pères est-il aussi valable que celui des mères ? Est-ce qu’elles leur laissent l’espace de se découvrir ou plutôt de s’émanciper?

La vérité est qu’une mère et un père font les choses différemment. Mais, différemment est-il moins bon? Bien au contraire! N’est-ce pas un fondement de l’émancipation des femmes, qu’elles sont toutes aussi qualifiées et compétentes que les hommes ? Alors, les pères sont-ils aussi qualifiés que les mères pour prendre en charge le rôle de parent auprès de l’enfant ?

Cessons nos commentaires sexistes et laissons tomber les préjugés. Encourageons proactivement les pères à continuer leur révolution tranquille et leur émancipation.

N.B. Nous remercions haut et fort l’effort des Restaurants McDonald© pour ses publicités #paparfait à la fin de l’année 2016.

Les papas oubliés

Par Eve Anabelle Saintonge.

J’aimerais prendre un petit moment en cette saison de la fête des pères pour souligner des papas qu’on oublie souvent.

Les papas à la maison.

Sweden has one of the most generous parenteral leave system in the world. The current system enables parents to stay at home with their child for a total of 480 days, while receiving an allowance from the state. Sixty of these days are allotted to each parent, and a new proposal aims to increase this by a further thirty days. The purpose of this allocation is to promote gender equality. In order to encourage men and women to share their parental leave more equally, a so-called Ôequality bonusÕ has also been introduced. The more days divided equally between parents, the higher the bonus. In spite of this generous allowance and unique bonus, only a fraction of SwedenÕs fathers use all their sixty days of parental leave. Only fourteen per cent of parents choose to share the days equally. This photo essay is based on portraits of dads who belong to that small percentage who choose to stay at home with their child for at least six months. With this project, I want to find out why these men have chosen to stay at home so much longer than the majority of Swedish dads. What has it done for them, how have their relationships with their partner and their child changed, and what expectations did they have before taking parental leave? There are two aims to this project. The first is to describe the background to SwedenÕs unique parental allowance. The second is to inspire other fathers Ð in Sweden, and further afield Ð to consider the positive benefits of such a system.

photo tirée du site http://www.johanbavman.se/swedish-dads/

 

Merci de mettre de vous consacrer entièrement à votre rôle paternel.

Merci de démontrer que vous comprenez et croyez que votre rôle est aussi important que celui d’une mère.

Nous avons tous été touchés par la présence ou l’absence de notre père. Par ses forces, ses faiblesses, ses coups forts et ses manquements.

Un enfant a autant besoin de s’attacher à sa maman qu’à son papa.

Être maman à la maison c’est parfois ennuyant, solitaire et et on peut se sentir incomprise.

J’imagine qu’être papa à la maison, cet ennui, cette solitude et cette incompréhension de la part d’autrui peuvent être vécues, mais vous êtes également plus stigmatiser que les mamans.

« Paresseux! », « Fainéant! », « Il évite le vrai travail! » C’est faux. Tellement faux.

J’y vois plutôt des acteurs de changement dans notre société. Des papas qui s’impliquent, qui reconnaissent la valeur de leurs influences sur la vie de leur enfant et qui démontrent leur engagement.

Merci d’être des acteurs engagés pour construire des enfances saines.

Bonne fête des papas!

Psst : un super site et de superbes photos à voir absolument (dont celle utilisée pour ce billet de blogue)!