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Un Prix? Un Prix!

Il y a sept ans, quand j’ai commencé à écrire “L’Éphémère”, qui n’avait pas encore de titre à l’époque, ni de direction littéraire, j’étais loin de le douter que, de un, il serait publié un jour et que de deux, il gagnerait un Prix Littéraire.

Je le dis souvent : le processus d’écriture est extrêmement égoïste; non, je ne pense pas à mes lecteurs quand j’écris. Ni aux critiques possibles. Ni à rien. Parce que quand j’écris, c’est un des seuls moments de ma vie où je suis “toute là”. Pas perdue dans mes pensées, pas en train de faire 1788 autres projets dans ma tête, pas en train de me remémorer hier ou de planifier demain. Je suis LÀ, là.

À part quand j’écris, ça ne m’arrive jamais. Ah, non, c’est faux : quand je fais de la peinture (et j’entends par là avec de la Benjamin Moore sur un mur de mon chez-moi).

Si non, je suis toujours un peu ailleurs, “à côté de mes pompes”, comme dirait mes amies françaises.

Il y a sept ans, quand je suis revenue vivre dans ma chambre d’ado chez mon père, après une rupture amoureuse, j’avais juste envie de me défouler, de m’évader, de créer pour ne pas trop crier.

Puis, il y a trois ans, Johanne Guay, VP de chez Librex m’a contactée. Ça aura pris deux ans de travail et de retravail avant d’arriver à un résultat satisfaisant : Eva, qui allait devenir L’Éphémère.

Moi, par contre, ayant appelé ce roman “Eva” pendant quelques années, j’ai encore tendance à y faire référence avec ce titre. Mais bon.

Et en cette fin de mois de mars 2015, assise à table avec ma mère, mon cousin, mon éditrice et l’homme de ma vie, j’attendais de savoir si mon roman allait gagner dans la catégorie “roman adulte” du Prix de l’Association des Auteurs de la Montérégie.

lauréate AAM 2015 Stéphanie DeslauriersPuis, sur scène, un extrait. MON extrait. Mon coeur qui bat, ma main qui devient humide dans celle de mon amoureux. Ils n’avaient pas encore annoncé mon nom mais je savais que c’était un extrait de MON roman qu’ils lisaient, à l’avant. Mon nom. “Stéphanie Deslauriers”. J’ai embrassé mon amoureux, deux fois, il me semble, avant de me lever. De monter les quelques marches de la scène – trois, me semble-t-il. De prendre la parole au micro pour juste dire à quel point je n’en revenais pas. Et à quel point je ne sais pas si je vais en revenir un jour.

Quelle reconnaissance. Quel bonheur savoureux que de recevoir l’approbation de nos pairs.

Je suis encore sur le cul.

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2015 : Se fixer des objectifs réalistes

Je n’aime pas nécessairement le concept de « prendre des résolutions ». Je pense qu’il s’agit d’une bonne stratégie marketing pour tous les gyms et les fabriquants de barres tendres « low calory » de ce monde.

Alors, je préfère me fixer des objectifs, après avoir fait un bilan de l’année qui vient de se terminer (Oui, on est le 20 janvier, non, je ne sais pas jusqu’à quand dans l’année on peut continuer de se souhaiter « Bonne Année!!! »).

Et, en bonne psychoéducatrice qui aime faire vivre des réussites en offrant des défis stimulants donc, un peu déstabilisants mais pas trop (pour garder la motivation bien vivante), je me suis fixé UN objectif : accueillir ce qui vient. Non, même pas « accepter ce qui vient » (pas réaliste pour moi). Mais accueillir, ça, oui.

Ça veut dire de me calmer le pompon, de prendre le temps de contempler, de regarder ce qui se présente à moi, de voir les périodes d’accalmie comme un bon moment pour avancer mes projets en cours, pour me reposer, me mettre du vernis à ongles et regarder l’émission Friends (maintenant disponibles sur Netflix!!! (Ne me cherchez pas lors des événements où je suis supposée être : je suis devant ma tivi)).

Ça veut dire aussi d’apprécier lorsque j’ai des offres intéressantes, de prendre le temps de célébrer mes réussites et accomplissements (ainsi que ceux des autres, évidemment).

Ça signifie être vraiment contente pour les autres, lorsqu’ils vivent de belles choses.

Ça implique d’être vraiment « toute là » quand je fais quelque chose, peu importe ce que c’est (le vernis à ongles ou l’écriture d’un manuscrit).

Librairie À Lire L'Éphémère Stéphanie Deslauriers
Crédit photo : Rodrigo Gutierrez

Et en 20 jours, j’ai déjà vu les effets positifs de cet « accueil de ce qui vient »; j’ai adopté un chat de la SPCA Montérégie, Harold Watson, j’ai vu mon roman L’Éphémère bien placé en vitrine de la librairie À Lire, j’ai eu une demande de conférence, de nouvelles demandes de suivis psychoéducatifs, une critique élogieuse de mon roman, la publication de la vidéo de ma conférence TEDx Québec « La résilience se trouve dans les livres » et tout juste hier, je suis embarquée sur le CA de l’Association des écrivains québécois pour la jeunesse (AÉQJ)!

Déjà, en 20 jours, j’observe donc que je réussis à atteindre mon objectif, parce qu’il est réaliste pour moi, lorsque je considère mes forces, mes limites et mes besoins.

Et vous, quel objectif vous êtes-vous fixé pour l’année à venir? Est-ce réaliste? Motivant?