Articles, La vie

Les plans de vie?

Par Geneviève Chénard.

On demande toujours aux enfants leur plan de vie : ce qu’ils feront plus tard, s’ils veulent des enfants, une maison, des loisirs… mais on oublie, peut-être trop rapidement, que les plans sont faits pour être changés, abandonnés, modifiés, remodelés.

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Je n’ai jamais été douée pour tenir mes plans de vie. Ou alors la vie n’a jamais été douée pour m’accorder la possibilité de les réaliser. Ce n’est pas triste, c’est juste un fait. Bien au contraire, il semble qu’à chaque fois que la route m’a obligée à bifurquer, c’était pour de meilleures conditions. Ou alors c’est parce que je choisis de donner un sens à ces deuils en me disant que ce n’était sans doute pas pour moi.

Plus jeune, mon plan était simplement de terminer mon secondaire, puis de faire mon CEGEP. Petite, je rêvais d’être archéologue, fan que j’étais d’Indiana Jones dont la vie trépidante me faisait envie. Plus la fin du secondaire approchait, moins cela semblait se concrétiser. J’ai finalement opté pour des détours en technique juridique, puis en administration avec une spécialisation en marketing. Finalement, à la suite d’une révolte tardive, j’ai plutôt tout abandonné pour devenir agente de recouvrement dans une compagnie de crédit qui n’existe plus aujourd’hui.

Par la suite, alors que je ne voulais surtout pas d’enfants, j’ai rencontré un homme, qui est devenu le père extraordinaire d’une petite fille. Une seconde allait apparaitre dans ma vie. Je le dis sans regret et avec tout l’amour qu’elles m’apportent à tous les jours. Je ne suis plus avec le papa, mais je ne regretterai jamais cette époque de ma vie. La partie ironique : la première est arrivée alors que je venais de m’inscrire en archéologie à l’université…. Quand je dis que je n’étais pas due!

À la suite de ces petites puis, de plus en plus grandes surprises, je me suis finalement inscrite en psychoéducation. J’ai commencé à enseigner et à pratiquer mon métier. Une chirurgie ratée allait m’empêcher de pratiquer plus longtemps. Cela m’a toutefois permise de découvrir de nouveaux rêves, de nouvelles amitiés, de nouveaux défis.

Côté amour, la vie a remis sur mon chemin mon prince d’enfance, celui que je rêvais de voir à mes côtés sans jamais le dire. Je l’ai épousé, puis, dernièrement, nous nous sommes séparés. Le conte de fée prévu allait s’avérer être ponctué de difficultés, de conflits, de famille recomposée. Un autre deuil dont l’intensité varie depuis des mois, mais qui mène quand même à la fin d’un rêve. Et c’est là que je me rends compte que je ne fais jamais rien de ce que j’avais planifié.

J’ai dernièrement redemandé à mes enfants ce qu’elles voulaient dans la vie et j’ai adoré la somme des choix et non leur finalité. Comme si elles savaient que de toute façon, elles ne contrôlaient pas tout et que l’idée était plutôt de se rendre au bout avec du plaisir, plutôt qu’avec des regrets, des deuils inachevés, des frustrations.

Faire des plans oriente l’action, mais ne pas s’en défaire lorsqu’ils deviennent impossible engendre la mélancolie, le regret, l’aigreur.

Et vous, quels sont vos plans?

Articles, La vie

Le fameux lâcher-prise

Par Caroline Charpentier.

Le lâcher-prise.

On en entend parler souvent.

Quand j’y pense, il faut le faire, pour relier ces deux mots : lâcher et prise. Vous savez comment un mot fait son entrée dans le dictionnaire? Chaque nouveau mot doit respecter l’un des critères suivants: être populaire et souvent repris dans les médias mais aussi être en rapport avec l’actualité sans risquer de disparaître rapidement.

J’en lis des textes sur le lâcher-prise; j’en entends parler aussi. On est d’accord pour dire que c’est un thème présent et (à la limite) à la mode!

Comment peut-on lâcher-prise? Des fois, certaines situations passent quasiment inaperçues alors qu’on les gère assez bien. D’autres prendront quelques jours, quelques semaines et on s’adaptera à celles-ci. Même qu’on pourra en tirer des conclusions inspirantes et grandissantes (oui, j’y crois)!

Credit-photo-khalid-Albaih-Find-the-IdeaMais. Il y a un « mais ». On dirait qu’il a des situations pour lesquelles le lâcher-prise s’avère plus laborieux. Comme si nos moyens qui fonctionnent habituellement n’opèrent plus. C’est frustrant, déroutant, décourageant. J’ai cette impression d’embarquer sur un vélo, de ne plus savoir comment avancer et que tous les moyens que je connais ne fonctionnent pas. Comme si j’étais dans le néant, là avec mon vélo, à me demander comment je vais y arriver.

En me questionnant sur le sujet, il m’est venu l’analogie d’arriver à un restaurant qui est fermé. Qu’est-ce que je ferais? Je serais déçue! On connaît ce sentiment de vouloir manger à un endroit précis et qu’on ne peut pas pour différentes raisons. Monsieur Lâcher-prise arrive donc là! On ne peut pas le faire ouvrir et donc, on se doit de trouver une autre solution. On peut se dire qu’on y retournera une autre fois, qu’on ira manger à un autre endroit. Si je force la porte puisque je ne veux pas lâcher-prise, le système d’alarme risque de déclencher et, bonjour les conséquences! On s’entend que si j’agis de la sorte, j’aurai un drôle d’accueil quand j’y retournerai.

Pourtant, c’est la même chose pour Monsieur Lâcher-prise dans la vie de tous les jours. Je ne peux pas faire déclencher le système d’alarme. Des fois, il suffit de voir quelles sont les solutions qui sont disponibles. Et malheureusement, parfois, c’est une question de temps puisqu’il n’y a pas de solution dans l’immédiat. Si on saute des étapes en voulant aller trop vite, ça ne fonctionnera pas. Identifier les émotions qu’on vit peut aider face à cette impasse. «Je suis vraiment fâchée mais, pour le moment je n’ai aucun moyen». Je ne dis pas que ça règle tout mais, ça peut permettre de comprendre pourquoi on se sent ainsi face à la situation.

Faites l’exercice : prenez du sable dans votre main et voyez si c’est en fermant la main ou en la laissant ouverte que vous en garderez le plus. Et puis?