Outrepasser ses compétences

Par Stéphanie Deslauriers.

Une des grandes forces que devrait détenir tous les professionnels confondus est, selon moi, l’humilité.

Dire : « Je ne sais pas, je vais vérifier et vous reviendrai avec une réponse », plutôt que d’inventer une réponse pour apaiser, voire alimenter son égo.

Référer à un autre professionnel – qu’il fasse partie de la même discipline que soi ou non – lorsqu’on sent que la demande et les besoins de la personne devant nous dépassent nos compétences.

Éviter de se prononcer sur un sujet qu’on ne maitrise pas (ou pas suffisamment).

Avouer avoir fait une erreur.

S’excuser.

Chercher à réparer son erreur.

Bref, se montrer imparfait. Humain et forcément, vulnérable.

Nous sommes un modèle pour les personnes en demande d’aide : un modèle d’imperfection. Nous travaillons AVEC eux – et non pas POUR eux ou à LEUR PLACE.

Image prise sur le site pixabay.com

Nous leur demandons authenticité, véracité et confiance afin qu’ils partagent une part de leur intimité, de leurs souffrances ainsi que de leurs limites. Il est donc en notre devoir de se montrer tout autant authentique. Carl Rogers, un psychologue américain né dans les années 1900 disait : « Une relation authentique n’est possible que lorsque deux authenticités se rencontrent ». Voilà la base de l’humanisme, de l’empathie et de l’acceptation inconditionnelle, tous nécessaires à l’établissement d’une relation de confiance solide en contexte d’intervention.

Récemment, j’ai été témoin directement et indirectement de situations ébranlantes.

De membres d’ordres et d’associations professionnels qui ont outrepassé leur champ de compétences.

Dans un cas, l’un prétendait pouvoir guérir la dépression de son patient en changeant son alimentation et en l’invitant à cesser sa médication alors qu’il vivait une grande période de changements et de stress (et que son psychiatre et son médecin traitant depuis les 30 dernières années lui recommandaient plutôt d’attendre de vivre une période plus stable dans sa vie).

Dans l’autre, l’une regardait de manière emplie de jugement une usagère en raison de sa prise de médication en l’invitant à la cesser du jour au lendemain sans connaître son dossier médical ni l’usagère plus qu’il ne le fallait, par le fait même.

Des soupirs, des regards de biais, des commentaires acerbes visiblement ravalés à la dernière minute ont été effectués par un autre membre d’une association professionnelle, encore sans connaître en profondeur la personne venue demander de l’aide ni son historique médical et psychologique.

Un autre a exprimé vivement son désaccord en lien avec la prise de médication de type « anti-inflammatoire » à une patiente visiblement en douleur, clamant que cela traumatisait son système et qu’elle devrait arrêter sur-le-champ.

Image prise sur le site pixabay.com

Ces situations m’ont été rapportées et / ou vécues. Dans chacun de ces cas, aucun des professionnels consultés n’avait une formation adéquate pour se prononcer sur ce sur quoi ils l’ont fait, les conseils étaient non sollicités et le fait de les suivre aurait pu causer de graves torts aux patients. Bref, les usagers n’allaient pas les voir pour leur parler de médication et leur poser des questions à cet effet mais ont dû le faire en complétant le bilan de santé en début de suivi.

On peut avoir des croyances et des valeurs – évidemment! – mais en aucun cas, on ne devrait les imposer à qui que ce soit, surtout pas aux personnes vulnérables qui viennent consulter. Jamais. Surtout lorsqu’on se prononce sur un sujet sur lequel on n’a pas de formation suffisante, reconnue ou adéquate. C’est un manque de jugement, de professionnalisme et d’humilité.

Parlons de ce que nous connaissons et laissons le reste aux personnes qualifiées, pour le bien-être de tous.

Si vous vous êtes sentis lésés dans une relation professionnelle, saviez-vous que vous pouvez vous adresser à l’ordre professionnel ou à l’association professionnelle de la personne consultée afin de faire une plainte?

#LesCommentaires

Par Guillaume Bertrand.

Sur les réseaux sociaux ou dans le réel, si une chose en particulier m’agresse, c’est bien lorsqu’un événement terrible ou déplorable arrive puis qu’un certain type de commentaire revient! Là, si vous voulez mieux me comprendre, je vous éclaire :

Un accident relié à la témérité, un délit, et j’en passe, ces choses graves blessent énormément l’entourage des gens concernés ou choquent la majorité de la population. Et comment!

Tout ce qui est évitable et très tragique vient nous chercher. Cependant, c’est la façon de réagir de bien des amis ou d’autres personnes qui commentent que je dénonce et trouve légèrement égoïste. Il faut, dans la vie, savoir dire des propos au bon moment. Se mettre dans la peau des gens n’est pas difficile. Pourtant (et malheureusement) à la radio, sur Facebook (ou autre autant connu), autour de nous, à la télévision, il n’est pas rare que quelqu’un se serve d’une petite information de la nouvelle et sorte ceci ou cela  : « Ce ne sont pas tous les jeunes, il ne faut pas généraliser, ou, mettre tout le monde dans le même panier, Ça aussi ça arrivait dans notre temps, Des idiots, il y en a partout ».

Ce n’est pas tout. Il arrive plutôt fréquemment que d’autres en ajoutent : « Je ne comprends vraiment pas ce qui a pu se produire, c’est un bien bon petit gars. Des erreurs, tout le monde en fait. »

Partager son opinion reste un privilège, et chacun a la responsabilité de faire attention. Je mentirais si je disais que ce rêve est totalement réalisable mais j’espère qu’un jour et encore plus tôt, l’amélioration se verra. Facile de se fâcher ou de défendre, trouver des solutions l’est un peu moins. Mais plus les idées ont du sens, plus la page se tournera rapidement. Et, une dernière chose : Un mot bien encourageant n’a jamais tué personne. A trop voir de négatif, on oublie que le positif peut l’emporter. Et c’est extrêmement dommage! Eh oui!

La compétition parentale

Eve Annabelle Saintonge

Eve Annabelle Saintonge

Cet article a été rédigé par Eve Anabelle Saintonge, psychoéducatrice et maman.

Trouves-tu qu’il y a beaucoup de compétition entre parents?

C’est la question que m’a posée une amie qui envisage de peut-être avoir des enfants.  Malheureusement, ma réponse était oui! Mais une chose est certaine, c’est que je déplore vraiment ce phénomène.

Autant, lorsque j’étais enceinte, des amis, de la famille et des étrangères du quartier ont couru pour venir à mon aide en me partageant des ressources, me proposant de l’aide, ou en me partageant leur vécu.

De l’autre côté, j’ai été incluse à mon insu dans une compétition de la meilleure poussette (?!?!?!). Une poussette. C’est une poussette, non?

Pour donner suite à cela, je suis allée dans un groupe de mamans. Quel âge a ton bébé? Quel est son poids? Quelle est sa grandeur? Oh, elle fait seulement cela?! Moi, à son âge elle en faisait plus! Elle avait plus de cheveux, les yeux plus grands ouverts, plus de boutons, plus… moins… plus… moins… Elle ne fait pas ça, toi?! (En passant, mon bébé n’est pas juste une statistique à laquelle se comparer. Elle s’appelle Rosalie et elle a un beau tempérament. Tu aimerais apprendre à la connaitre?)

En fait, je m’en fous un peu de ce que fait ton enfant parce qu’au bout de la ligne, comme  pour toi, ce qui est le plus important pour moi, c’est le bon développement de ma Rosalie.

Pour revenir à la question de mon amie. Oui, il y a de la compétition. Fait #1 : je vais me faire juger. En bien ou en mal, je n’ai aucun contrôle. Fait #2 : la seule chose que je peux contrôler, c’est mon attitude par rapport à ces jugements.

Alors la question est plutôt : pour moi, qu’est-ce qui est vraiment important? Parce qu’au final, ces personnes prennent la place que seulement moi je veux leur donner. Je rumine ce qu’une maman a dit dans un groupe virtuel avant de dormir? C’est moi qui la laisse venir nourrir ma compétition et du même coup, mon insomnie et mon anxiété.

Pour moi, ce qui est plus important, c’est la qualité de la relation avec ma fille. Tant pis s’il n’est pas habillée à ton goût, tant pis si tu aimes plus ma poussette que la tienne. Après tout, j’aimerais mieux qu’on soit amie. Parce qu’être maman, c’est plus de stress que je pouvais imaginer et mon doux que j’aimerais que tu l’acceptes comme moi afin qu’on se soutienne plutôt qu’on se juge. Comme toi, mon univers s’est bouleversé et mon bébé en est devenu le centre.

Et vous, comment gérez-vous les jugements envahissants?