Opinions, Stéphanie Deslauriers

Aller au bout de ses rêves

Par Stéphanie Deslauriers.

« Ha! Que j’aurais aimé ça être psychologue! », rêvasse une comptable approchant la retraite.

« J’aurais tant aimé avoir ma pâtisserie! », s’avoue un travailleur social.

« J’aurais donc aimé… », « Avoir su… ».

J’ai toujours eu peur d’avoir des regrets, dans la vie. De ne pas faire quelque chose qui me faisait envie parce que j’avais peur; peur d’échouer, peur de réussir (!), peur de quitter ma zone de confort.

Je crois que c’est pour cette raison que j’ai toujours été fascinée – et franchement émue – par tous ceux et celles qui font un changement de carrière, qui retournent aux études, qui jonglent avec les coups durs de la vie (que ce soit la maladie, un deuil, etc.) pour en faire quelque chose de beau, de grand, de positif. Je pense à Nathalie Roy, auteure à succès, qui a commencé à écrire après avoir reçu un diagnostic d’arthrite rhumatoïde. Ou à Yannick Olassa, « Bouquineuse Boulimique », qui a commencé son blogue littéraire après avoir reçu un diagnostic de sclérose en plaques. Ou à toutes « mes » étudiantes universitaires, mamans, professionnelles dans un tout autre domaine que celui de l’intervention, mais qui viennent refaire un baccalauréat puis, une maitrise afin de devenir psychoéducatrices (c’est d’ailleurs ce qu’a fait notre collaboratrice Geneviève Chénard!).

Les deux proprios : Catherine Desforges et Lewis White

Il y a quelques années, une de mes grandes amies d’enfance, Catherine Desforges, s’est envolée pour l’Australie afin d’y compléter sa certification de plongeuse pour pouvoir être guide de plongée dans les eaux de ce pays magnifique. Longue histoire courte, elle y a rencontré l’homme de sa vie, Lewis White, un Néo-Zélandais venu en Australie pour exactement la même raison que ma copine. Ils se sont mariés, ont déménagé à Montréal, eurent beaucoup d’enfants un chien et sont retournés sur les bancs d’école afin d’apprendre les bases de la gestion d’une entreprise. Leur rêve commun? Ouvrir un café. Lewis s’est donc orienté vers un emploi de barista alors que Catherine, bien qu’elle a poursuivi quelques contrats en graphisme (sa formation initiale), est allée travailler dans un café afin de comprendre le fonctionnement sous-jacent au service aux tables. Comment ça roule, une cuisine? Comment on choisit le menu? Comment on choisit ses employés? Comment on gère les horaires?

Lewis a donc appris le français au cours des discussions entre copains, dans le cadre de son travail où tout roule très vite et dans le quotidien avec sa dulcinée.

Ils ont buché sur leur plan d’affaires entre deux quarts de travail, la recherche d’un nid douillet à l’extérieur de la ville (eh oui, la nature australienne et néo-zélandaise, où ils ont habité plus d’un an, leur manquait terriblement) ainsi que d’un local qui pourrait abriter leur café de rêve.

Le Café White & Cie

Ils ont finalement trouvé où ils avaient envie d’installer leurs pénates : St-Sauveur! Ils y ont déniché l’endroit parfait, ont planifié leurs travaux de réaménagement afin que l’endroit corresponde à qui ils sont et…l’ouverture est prévu pour dans quelques mois.

Il va sans dire que l’émotion est à son comble : non seulement une personne a travaillé d’arrachepied pour réaliser son rêve, mais cette personne est une amie de très, très longue date accompagnée de son mari.

Je suis choyée d’être entourée de personnes aussi inspirantes.

Vraiment.

Articles, La vie

La Voie Rapide


Guillaume sur Dek HockeyEt oui, c’est encore Guillaume avec ses remarques et ses réponses très drôles ou parfois sérieuses! À lire sans modération. À partager, en tout temps. Ces dix exemples, vous les reconnaîtrez. Mais pour cela, ne prenez pas La Voie Rapide.

1- En faisant faire mes devoirs ou en trichant, ça ira bien plus vite.

Ma réponse : Attention, arrivera ce temps où ton geste t’embêtera au plus haut point.

2- Je vais laisser ça ainsi, un autre nettoiera à ma place, de toute façon.

Ma réponse : Un petit effort, quelques secondes, de la fierté, et le tour est joué.

3- La personne à côté de moi est tannée que je te parle au téléphone.

Ma réponse : Rien de plus simple. Lui dire : “Trouve une distraction, ce sera moins long”.

4- Je dois couper les ponts avec toi, mon amoureux est jaloux de notre amitié, je suis désolée.

Ma réponse : Réfléchis car tu pourrais faire une grosse erreur. Chaque bonne relation dans ta vie est primordiale.

5- Bon, je viens d’avoir un accident, j’espère que mon véhicule est correct.

Ma réponse : Il serait plutôt bon de t’informer s’il y a ou pas, des blessés. L’humain avant le char.

6 – Une nouvelle m’attriste et me choque. Mais je dois sourire, c’est la vie.

Ma réponse : Non! Laisse le méchant sortir parfois, ne fais pas semblant que tout va. Sinon, Danger!

7 – Ça ne donne rien, je n’arriverai jamais à être positif, drôle et gentil comme lui.

Ma réponse : Inspire-toi de ce qu’il fait, observe ou encore, demande-lui des conseils.

8- Il faut bien que jeunesse se passe, c’est tout simplement normal.

Ma réponse : Exact, mais celui qui fait ses niaiseries doit assumer, s’excuser et se reprendre.

9- Je dis personnellement, qu’il ne faut jamais généraliser, ça ne sert à rien.

Ma réponse : Ok, maintenant réfléchissons, puis concentrons-nous sur le cas présent.

10 – Je me demande s’il est important de travailler sur soi. Les autres n’ont qu’à s’adapter.

Ma réponse : Prends de bonnes habitudes pour toi, en premier. Les avantages sont nombreux.

Guillaume Bertrand

Articles, La vie

Rayonner même dans la mort

Par Kharoll-Ann Souffrant.

Il y a quelques jours à peine, j’ai appris que j’ai remporté le prix humanitaire Terry Fox. C’est une distinction importante et prestigieuse que seulement une vingtaine de jeunes Canadiens arrivent à obtenir chaque année. Je ne vous le cache pas : je suis profondément honorée que mon engagement social et mon parcours académique soient ainsi soulignés. Par ricochet, cela m’a amenée à faire plus de recherches sur la personne qui a inspiré ce prix.

D’aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours eu une vague idée de qui était Terry Fox. Son nom m’a toujours été familier, son image encore plus. C’est bien la preuve qu’il a hautement été médiatisé, car il est décédé près d’une décennie avant ma naissance.

 

Photo tirée du site : Terryfox.org
Photo tirée du site : Terryfox.org

Terry Fox, c’est ce jeune homme qui à l’âge de 18 ans s’est fait diagnostiquer un cancer des os. Il s’est fait amputer une jambe afin d’éviter la propagation de la maladie. Néanmoins, il ne s’est jamais laissé abattre. Il s’est entrainé pendant 14 mois afin de convaincre la Société canadienne du cancer de le soutenir financièrement. C’est que Terry voulait courir à travers le pays pour sensibiliser la population à cette maladie et par le fait même, ramasser des fonds pour la recherche.

Terry Fox n’a jamais pu terminer sa course. Il est décédé à 23 ans des suites de la maladie qui s’est répandue dans ses poumons. Néanmoins, son courage, sa détermination et son initiative ont permis de ramasser 24.2 millions de dollars. Terry Fox a reçu l’Ordre du Canada et plusieurs institutions au pays sont nommées après lui comme des écoles. Il y a même un film documentaire qui le met en vedette. Aujourd’hui, des villes partout à travers le monde ont pris le flambeau et courent à sa mémoire et pour cette cause qui lui était si chère et qui touche tant d’individus dans notre société.

Depuis que j’ai reçu ce prix, il y a quelque chose qui m’a frappée et que je trouve très particulier.

D’une part, c’était de constater la communauté de gens qu’il a su créer en étant simplement lui-même. L’unité qui s’est forgée autour de sa vision. La solidarité, l’espoir et les liens qui se sont créés par son message. Il en a inspiré plus d’un. Et lorsqu’il est décédé, Pierre Eliott Trudeau a déclaré à la Chambre des communes qu’il y a peu d’individus qui suscitent l’unanimité de leur vivant, mais également après leur décès. Et c’est exactement ce que je ressens quand je pense à Terry.

Je n’ai jamais vécu de cancer. Je touche du bois pour que ce mal ne vienne pas frapper à ma porte, car la santé n’est jamais acquise pour personne. Je m’efforce de prendre soin de ma santé physique tout comme je prends soin de ma santé mentale.

Mais je pense beaucoup à Terry. Même dans la mort, son aura rayonne très fort. Les valeurs qu’il incarnait et le message qu’il voulait passer est là pour durer. Et ce, malgré son jeune âge. Malgré le fait que cela fait près de trente-cinq ans qu’il est décédé. J’ai aujourd’hui le sentiment d’avoir un certain lien avec lui, même si je ne l’ai jamais connu. C’est comme s’il n’était jamais vraiment mort. Et il y a quelque chose que je trouve profondément beau là-dedans. Comme on dit en anglais, his legacy lives on.

Articles, La vie

Mes petites étoiles

Par Caroline Charpentier.

Je naviguais sur le net et j’ai trouvé un passage du livre de Katherine Pancol, Les écureuils de Central Park sont tristes le lundi.

«Il y a des gens avec qui l’on passe une grande partie de sa vie et qui ne vous apportent rien. Qui ne vous éclairent pas, ne vous nourrissent pas, ne vous donnent pas d’élan. Encore heureux quand ils ne vous détruisent pas à petit feu en se suspendant à vos basques et en vous suçant le sang. Et puis, il y a ceux que l’on croise, que l’on connait à peine, qui vous disent un mot, une phrase, vous accordent une minute, une demi-heure et changent le cours de votre vie. Vous n’attendiez rien d’eux, vous les connaissiez à peine, vous vous êtes rendu léger, légère, au rendez-vous et pourtant, quand vous les quittez, ces gens étonnants, vous découvrez qu’ils ont ouvert une porte en vous, déclenché un parachute, initié ce merveilleux mouvement qu’est le désir, mouvement qui va vous emporter bien au-delà de vous-même et vous étonner.»

Je reprends donc ce paragraphe pour vous parler de ma propre interprétation.

«Il y a des gens […] qui ne vous apportent rien. Qui ne vous éclairent pas.» Cette impression d’être dans l’ombre de quelqu’un. Pas besoin d’être toujours au soleil. Mais dans une relation saine, les deux personnes ont leur importance au soleil, elles sont l’une à côté de l’autre. Ou bien, l’une est devant l’autre pour la soutenir, pour la guider sans jamais la cacher complètement du soleil. Si c’est le contraire, c’est à ce moment que je me rends compte que cette relation n’est pas saine pour moi.

«Encore heureux quand ils ne vous détruisent pas à petit feu en se suspendant à vos basques et en vous suçant le sang.» C’est imagé comme phrase mais combien vraie. Ces relations d’où on en ressort meurtris, sans énergie et complètement vidés.

Je veux m’attarder sur la suite de ce passage que je trouve particulièrement intéressant.

«Il y a ceux que l’on croise, que l’on connait à peine, qui vous disent un mot, une phrase, vous accordent une minute, une demi-heure et changent le cours de votre vie.» J’ai plein d’exemples de personnes qui me viennent en tête qui ont croisés mon chemin et m’ont dit des phrases si encourageantes. Qui m’ont raconté leurs difficultés avec sincérité, ce qui à mon tour m’a amenée à prendre exemple sur leur façon d’affronter certains événements. Tsé le genre de rencontre qui déstabilise parce que la discussion arrive à point. «Ben voyons donc, c’est spécial que je sois en train de parler de ça alors que j’y pensais dernièrement.» Adon ou pas, hasard, coïncidence, destin, name it! Ce qui importe c’est de saisir ces moments.

caro

Ou ce beau gamin de 2 ans que je croise et qui me fait un superbe sourire ou cette petite phrase courte que la caissière me dit tout bonnement. Ou quelqu’un qui me dit tout bonnement que j’ai un beau sourire. Ça fait du bien, un gros velours pour l’estime j’en consens.

«Vous n’attendiez rien d’eux, vous les connaissiez à peine  […] vous découvrez qu’ils ont ouvert une porte en vous.» Des petits messages que je reçois de connaissances qui prennent le temps de me dire qu’elles pensent à moi, que je les inspire. Ces gens qui n’hésitent pas à m’offrir leur aide, leur soutien, leurs encouragements, ça fait chaud au cœur! J’ai en tête plusieurs personnes que j’ai croisées et j’ai pris le temps de savourer ces petits moments partagés avec eux. Même ces personnes que je connaissais à peine qui sont devenues pour moi des références, des alliés, des mentors, des amis… Elles ont pris le temps de m’expliquer les étapes à franchir avec une authenticité remarquable. Tsé cette sincérité qu’on sait rapidement que c’est pour nous amener à une prochaine étape, nous soutenir dans nos démarches, pour nous conseiller et surtout pour nous faire grandir.

«Ils ont  […] déclenché un parachute, initié ce merveilleux mouvement qu’est le désir, mouvement qui va vous emporter bien au-delà de vous-même et vous étonner.» Merci à chacun de vous qui a fait en sorte que je sois cette personne aujourd’hui. Je n’ai pas besoin de vous nommer un à un car toutes les fois que j’ai eu ce sentiment, je vous ai clairement dit combien j’étais reconnaissante, combien j’appréciais ce mot, cette phrase, cette attention, cette discussion… C’est vrai qu’on entend des fois que les gens sont méchants. Mais aujourd’hui, je tiens à dire qu’il y en a du bon monde! Pis du maudit bon monde en plus!

Qui sont ces personnes pour vous?

Articles, La vie

L’amour qui libère

Par Annie Murphy.

Le thème de l’amour a beaucoup été abordé durant la dernière semaine. Je ne parle pas de l’amour entre deux personnes nécessairement, mais l’amour à grande échelle. Dans un monde où l’amour régnerait en maître, nous éviterions plusieurs drames et catastrophes.

Étant une trentenaire célibataire, j’ai longtemps été tiraillée et confuse quant à la définition ultime de l’amour et j’ai finalement compris une chose : l’amour a plusieurs définitions. À travers les âges, les époques et les différentes cultures, le concept de l’amour a autant de définitions différentes les unes que les autres qu’il y a de personnes. Dans ce cas-ci, vous comprendrez que je parle de l’amour entre deux personnes (me suivez-vous toujours?). Toutefois, l’amour à grande échelle ne revêt, selon moi, que d’une seule et unique définition : l’amour, c’est être ouvert à l’autre et à l’accepter tel qu’il est. Aussi simple que ça. Évidemment, c’est plus facile à dire qu’à ressentir dans nos vies parfois tumultueuses.

Entretenir la haine, c’est se ronger de l’intérieur. Je me souviendrai toujours d’une phrase de ma belle amie Saryka : « Quand tu ne pardonnes pas, ce n’est pas à l’autre que tu enlèves quoique ce soit, c’est à toi-même ». Nous sommes habitués à ressentir des émotions négatives lorsque nous sentons que les autres négligent ou n’accordent pas d’importance à nos désirs et besoins. Nous nous sentons alors utilisés, rejetés ou même ridiculisés. Nous attendons beaucoup des autres alors qu’il vient le temps d’alimenter notre bonheur et notre bien-être.

Un jour, j’écoutais la grande regrettée Maya Angelou à la télé et depuis, j’ai cette phrase qu’elle a dite qui me traverse la tête continuellement : « Love liberates. It doesn’t just hold, that’s ego. Love liberates. » (l’amour libère. Ça ne retient pas, ça c’est l’ego. L’amour libère).

annie citation

J’ai tellement trouvé ça beau que j’ai décidé de méditer là-dessus. Par le hasard des choses, je suis tombée sur le livre L’art de la méditation du moine bouddhiste Matthieu Ricard dans lequel il abonde dans le même sens. Le véritable amour, est celui que l’on donne sans attente de retour. Si nous attendons une réciprocité pour l’éprouver et le nommer, c’est que nous cherchons d’abord à nourrir notre ego et non pas à aimer. J’ai décidé de tenter d’appliquer cette notion à ma vie. Malgré certaines difficultés à y arriver, les premiers changements que cela a apporté dans mon existence me font un bien immense en plus de me libérer d’un poids gigantesque.

En quoi est-ce que cela m’a amenée à lâcher prise? Parce que lorsqu’on s’arrête, on réalise le stress immense et le temps précieux perdu que nous cause l’attente de réciprocité; on comprend qu’on se ronge de l’intérieur plus qu’on se nourrit. J’ai décidé d’aimer, même si le bonheur de ces personnes aimées passe par mon absence dans leur vie. Je les aime, je veux leur bonheur, donc je les libère et les laisse aller où bon leur semble, même si leur chemin se sépare du mien. Le sentiment exaltant que ça apporte à ma vie de simplement me réjouir d’aimer plutôt que de me réjouir d’aimer quelqu’un qui m’aime en retour est magnifique. Il n’y a rien de plus beau que l’amour réciproque, mais l’amour tout court a sa franche beauté aussi. On parle ici de relations avec des personnes précises, mais il pourrait en être identique pour de parfaits inconnus.

Une des méditations que j’adore et qui aide grandement à développer ce sentiment d’amour à grande échelle est la méditation de la compassion. J’aime particulièrement celle que Nicole Bordeleau offre sur son album de méditations. Il s’agit de visualiser une lumière brillante d’amour qui part de l’intérieur de nous et de l’imaginer se diffuser partout dans le monde; sur l’humanité entière et réciter ces quelques phrases :

« Que la vie vous soit douce. Que vous soyez libres de toutes souffrances physiques, que vous soyez libres de toutes souffrances morales. Que vous soyez en santé, que vous soyez en sécurité. Que vous soyez bien, que vous soyez en paix. »

Des études scientifiques ont prouvé que pratiquer la méditation de la compassion durant deux semaines et ce, à raisons de quelques minutes par jour, apporte des modifications à la plastie du cerveau et développe le siège de la compassion et donc, de l’amour. Nous devenons meilleurs simplement en aimant et notre bonheur s’en trouve décuplé.

Et si on investissait quelques minutes par jour pour aimer…

Pour aimer grand, tout simplement.