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Les départs

Par Guillaume Bertrand.

Les départs…il y en a de toutes sortes. Malheureusement, il y a un peu plus de trois mois, j’ai connu le pire. La mort de mon père d’un choc septique.

Je me console en me disant qu’au moins, j’ai tout dit le positif qu’il aurait souhaité entendre, et j’ai tenu sa main régulièrement, sur son lit d’hôpital. Un peu comme une des scènes finales, avec la belle Mina dans l’émission O’. D’ailleurs, j’ai assez facilement les larmes aux yeux, lorsque j’en fais mention. Au moins je ne regrette rien du tout et c’est parfait.

Lien de l'image : https://beyithan.files.wordpress.com/2013/03/au-revoir2.jpg
Lien de l’image : https://beyithan.files.wordpress.com/2013/03/au-revoir2.jpg

Mais il y a d’autres types de départ. Par exemple, je déteste savoir que quelqu’un, collègue ou ami(e), devra partir d’un endroit. Ça me fait énormément de peine, ça me brise le cœur, même si je sais que ça fait partie de la réalité.

Les émotions, je les vis sans me mentir. Ce serait bon que les autres fassent pareil, je trouve.

J’ai deux choix possibles dans une telle situation : finir par accepter ou sinon m’adapter. Bien souvent, j’opte pour la deuxième option.

Dans n’importe quelle situation, pour bien des raisons, à un endroit donné, quelqu’un quitte. Et bizarrement, il arrive dans plusieurs cas, que nous nous entendions très bien avec lui ou elle. Par contre, il demeure légèrement plus facile, pour l’entourage de comprendre, lorsque le sujet qui part, prend, comme il le peut, le temps de bien expliquer (dans ses propres mots) sa décision, à l’avance. Pour que rapidement, les gens sachent à quoi s’attendre.

De mon côté, jamais je n’en voudrai à celui ou celle qui s’en va parce qu’en vérité, je sais très bien qu’il rayonne assez autour de ceux qui le côtoient puis qu’il fait la différence à sa manière, là où il est.

Et dans le meilleur des cas, il arrivera que nos chemins se croiseront à nouveau. C’est en partie pour cela que je tente de garder de très bonnes relations avec ceux-ci. Le bonheur se lit dans le visage lors des retrouvailles et c’est merveilleux lorsque ça survient. Enfin, oui c’est très difficile de se faire à l’idée que quelqu’un aille si loin, si longtemps, ou à jamais. Alors, il est ultra important de préserver les bons souvenirs.

Articles, La vie

8 juillet 2015

Par Eve Anabelle Saintonge.

En hommage à notre ami qui nous a quitté il y a maintenant un an. La peine était trop grande l’année dernière pour partager mes pensées. Aujourd’hui, je pense que c’est un bon moment.

Le 8 juillet 2015.

La mort peut venir doucement et être bienvenue. Parfois, elle frappe cruellement et elle est abominable. Le 8 juillet 2015, la mort est horrible.

13529186_10154530899020166_1116268178680690161_nMon ami est décédé dans un accident de vélo où un camion l’a frappé. Mon ami, ça faisait longtemps que je l’avais vu; que j’avais ris avec lui. Mon ami, je sais que si je l’avais vu demain, rien n’aurait changé. Mais maintenant, tout a changé.

Qu’est-ce que je dis à la femme de cet ami? Je ne peux pas comprendre, ni imaginer ce qu’est de perdre un mari. Quels mots sont adéquats? Il est en paix là-bas!  Vraiment? Moi, je crois qu’il est aussi sous le choc d’être là-bas. Jeune, en santé, beau, une nouvelle maison, un début de carrière, une femme super, un amour éternel. Qui voudrait partir maintenant? Cela est la fin d’un chapitre de vie qui n’était pas supposé se terminer. L’histoire sans fin a une fin qui n’est pas bienvenue. Le club de veuves c’est pour les mamies. Pas pour les amies de mon âge. Un mari, c’est le centre de l’univers. Je suis, en partie, qui je suis grâce aux expériences que je partage avec lui. Qui je serais sans lui? Quels seraient mes plans de vie? Ce n’est pas seulement le deuil d’un être aimé, mais aussi de la vie avec cet être aimé. Quels mots réconfortants je peux partager? Est-ce que c’est le temps de réconforter ou plutôt le temps de souffrir cet adieu ensemble?

Qu’est-ce que je dis aux parents de cet ami? Perdre un enfant. En tant que parent, on assume qu’on quittera en premier. Ce sera notre enfant qui nous dira au revoir; pas autrement. On a créé, donné et soutenu la vie de cet enfant. On a sacrifié ressources, corps et âme pour que rien ne lui arrive. Être parent c’est protéger, mais cette fois-ci, on n’a pas pu le faire. Quels mots réconfortant je peux partager? Est-ce que c’est le temps de réconforter ou plutôt le temps de souffrir cet adieu ensemble?

Qu’est-ce que je dis aux sœurs et aux frères? La famille qu’on connait existe parce que les membres y sont. Ma famille ne serait pas la même sans eux. Perdre un frère change une famille. Il n’y aura plus de nouveaux souvenirs avec lui. Seulement des souvenirs de souvenirs. Un frère, c’est aussi un ami plus spécial que les autres parce qu’il a été là toute une vie. Il partage notre intimité et la comprend. Quels mots réconfortant je peux partager? Est-ce que c’est le temps de réconforter ou plutôt le temps de souffrir cet adieu ensemble?

Bref, je ne sais pas comment réconforter. Je suis là pour partager dans le silence et les larmes la réalité brutale. Le temps polira la douleur.