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Se parler en 2017

Par Guillaume Bertrand.

Peut-être est-ce le temps qui manque. Les heures, les minutes et les secondes passent vite. J’oubliais… Possible aussi que je sois effrayé d’aller de l’avant dans ce monde parfois dur ou étrange. Ou que je sois un peu… fragile.

NON!

De nombreuses choses et des comportements malsains doivent changer rapidement. Par exemple, les façons absurdes qu’ont certain(e)s de communiquer entre eux. Puis on a le culot d’exiger des enfants : politesse, bon jugement et compréhension. Ça me met hors de moi. Regardons un peu puisque les exemples pleuvent, c’est indéniable. Il y a de quoi sursauter.

Quand ça ne va pas, qu’un conflit survient et effectivement, pour qu’il soit réglé, chacun doit y mettre du sien. Pourtant à de nombreuses occasions, il est exceptionnel que l’un s’excuse, directement, d’avoir fait de la peine à l’autre. Par contre, les gens (jeunes et adultes) adorent sortir spontanément : Ce n’est rien de « personnel » ou, « contre toi », pour ne pas avoir à expliquer ou dire la vérité.

Et bien, mauvaise nouvelle… malheureusement, on ne va pas loin avec ça! Et c’est tellement insultant. Surtout pour celui ou celle qui est prêt(e) à écouter sans juger. Oui, on dirait que je me répète, Savoir réconforter en faisait mention, mais c’est nécessaire.

Crédit : http://www.graphemeride.com/sites/graphemeride.com/files/communication.png

Faisons attention aux mots, aux gestes et aux sous-entendus déplacés. Nous avons tous des points sensibles, puis des choses à corriger. Et quand la relation est excellente, faisons durer le plaisir. L’amitié, l’amour et juste le fait d’apprécier le monde nous permettent parfois d’aller plus loin, de découvrir des qualités et de garder confiance en soi.

Pour entrer en contact avec les gens, les réseaux sociaux sont plus que magiques. Mais! Il est impératif d’arrêter de donner cet argument pour expliquer soit la gêne ou d’autres difficultés sociales dans “la vraie vie”. Sur Internet puis dans le réel, les règles sont les-mêmes.

Finalement, chacun a le devoir et le pouvoir de se faire respecter. Puis si jamais on vit un désaccord, il est préférable de sortir la remarque qui sera confrontante sans faire de dommage. Une réponse brillante, pas vulgaire et inattendue qui fait réfléchir. Voilà!

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Pourquoi mon enfant me parle peu de lui ?

Par Marie-Hélène Chalifour.

Chaque fois que ma fille (4 ans) revient d’un séjour de chez ses grands-parents, ils me disent qu’elle avait beaucoup de « jasette » et qu’ils avaient apprécié tous les sujets qu’elle leur avait partagés. Pourtant, lorsque nous, à la maison, lui demandons comment s’est déroulée sa journée, elle nous répond « Je ne sais pas. ». Même si je tente d’y aller avec des questions plus précises, du genre « À quels jeux as-tu joué ? », elle me répond souvent « les bébés » sans plus. Bien sûr, dans le quotidien, elle verbalise ou agit comment elle se sent et ce qu’elle vit dans le « ici et maintenant », mais ne nous raconte pas spontanément et fréquemment ses expériences de vie. Première réaction comme maman : j’ai angoissé. Pourquoi notre fille échange-t-elle davantage avec ses grands-parents qu’avec nous ? Deuxième réaction : j’ai pris trois grandes respirations et j’ai réfléchi à la situation en tentant de la voir autrement !

Mon premier constat a été que lorsqu’elle rend visite à ses grands-parents, ceux-ci sont dévoués aux besoins de ma fille à 100%, le « reste attendra », disent-ils. Ils prennent le temps de s’arrêter pour écouter vraiment ce qu’elle a à leur dire. Ces moments les remplissant de joie et étant occasionnels dans leur quotidien, ils parviennent, plus souvent qu’autrement, à être totalement attentifs à elle sans penser au reste… Ma fille se sent alors écoutée, importante, respectée et aimée…il y a de quoi vouloir se confier !! D’ailleurs, comme le nomme Isabelle Filliozat dans son livre « J’ai tout essayé ! », lorsque les besoins de contact de l’enfant sont comblés (ex. moments de jeux, câlins, échanges, etc.), l’organisme libère de l’ocytocine, l’hormone du bonheur, et ce, autant chez l’enfant que les parents (ou les grands-parents ou autres). La libération de cette hormone engendre alors un état de détente et de bonheur.

image tirée de : http://apprendreaeduquer.fr/wp-content/uploads/2014/10/un-enfant-qui-ne-parle-pas-cest-une-invitation-%C3%A0-parler-citation-jacques-salom%C3%A9.jpg
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À la maison…humm, pas la même réalité que chez les grands-parents me direz-vous ! C’est vrai et comme maman, on est souvent très exigeante envers nous. Je me suis alors posée la question suivante : est-ce que je prends le temps de l’écouter lorsque MON horaire me le permet ou lorsqu’elle EN A BESOIN ? Quand moi j’ai envie de parler à quelqu’un, est-ce que j’ai envie qu’elle m’écoute seulement quand elle le peut ou au moment où je vis l’émotion ? Est-ce que je me sens réellement écoutée lorsque la personne fait autre chose en même temps que je lui parle ? Bien évidemment, il arrive qu’on ne puisse mettre de côté ce que l’on fait, c’est la réalité d’une vie de famille (fratrie, travail, entretien ménager, les repas, etc.). On peut alors prendre le temps de se mettre à la hauteur de l’enfant et lui nommer, avec tendresse, que c’est important pour nous d’écouter ce qu’il a à nous raconter donc on va terminer ce que l’on fait et prendre le temps de l’écouter ensuite. Le défi est de ne pas oublier d’y revenir avec l’enfant et non enchaîner avec une autre tâche ! J’ai fait l’essai avec ma fille et j’ai été surprise de sa réaction. Souvent (pas toujours évidemment !!) je la sens plus calme et disponible à attendre et non à chercher une manière d’obtenir mon écoute autrement (ex. chigner, se chamailler avec son frère, etc.)

Mon deuxième constat a été de me demander si moi je lui parle de ce que je vis. J’ai réalisé que très peu…et bien j’ai fait le test ! Avant son coucher le soir, je lui demande toujours ce qu’elle a aimé dans sa journée, ce à quoi elle répond souvent « Je ne sais pas. ». J’ai alors décidé de lui raconter ma journée, ce que j’ai fait, comment je me suis sentie dans certaines situations, etc. Eh bien, croyez-le ou non, je lisais dans ses yeux de l’intérêt, de l’étonnement et de la curiosité. Elle me posait aussi des questions pour mieux comprendre certains points. Depuis ce temps, elle veut toujours que ce soit moi qui la couche et a hâte de me raconter des moments vécus à la garderie, des bons comme des plus difficiles avec ses amis. J’ai aussi essayé avec mon fils de deux ans et son regard me traduisait la même chose que sa sœur. Évidemment, il me répondait à la hauteur des acquis d’un enfant de cet âge.

J’ai cherché à comprendre ce qui se passait dans leur tête pour être si fascinés par ce que je leur racontais. Isabelle Filliozat explique dans son livre Au cœur des émotions de l’enfant que lorsque l’on parle de nous à notre enfant, particulièrement de notre ressenti, cela lui permet de faire des liens avec ce qu’il sentait qui allait ou n’allait pas chez son parent. Qu’on le veuille ou non, notre enfant le ressent instantanément lorsque quelque chose ne va pas. Il l’entend (ton sérieux et sec), le voit (absence de sourire, visage tendu, sourcils froncés, moins disponible), le constate au toucher (mouvements plus brusques, câlins moins « sentis »). Il le ressent, mais dépendamment où il est rendu dans son développement cognitif, il ne peut pas toujours se l’expliquer. C’est pour cette raison que de leur parler, sans se montrer alarmiste, permet de rassurer l’enfant. De plus, ceci lui permet de ne pas adopter des comportements/attitudes ayant pour fonction de « réparer » son parent, mais plutôt de rester qui il est, un individu à part entière, séparé de son parent. Petit bémol : comme parent, nous devons aussi garder en tête que nous avons la responsabilité de ne pas faire de notre enfant notre ami, notre confident. Comment ? Par exemple, je peux dire à mon enfant que « J’ai vécu un différend avec mon amie et j’ai beaucoup de peine » tout en gardant pour moi la nature de notre désaccord, et ce, même si l’enfant insiste.

Mon troisième et dernier constat : comme parent, on est un acteur important pour permettre à notre enfant de parler de lui, de ses expériences de vie, de ses bons coups comme de ses mauvais coups…et ces moments d’écoute, qui commencent dès la petite enfance, construiront les bases de la communication avec notre enfant, mais aussi avec les autres.

 

Références :

Filliozat, Isabelle (2011). « J’ai tout essayé ! » Opposition, pleurs et crises de rage : traverser la période de 1 à 5 ans. Poche Marabout Enfant.

Filliozat, Isabelle (1999). Au cœur des émotions des enfants : Que faire devant les larmes ? Comment réagir face aux paniques ? Poche Marabout Enfant.

Articles, La vie

Un hot dog all dressed, SVP!

Par Caroline Charpentier.

J’ai commandé un hot-dog all dressed dans un restaurant rapide. All dressed, ça veut dire (ben selon moi) relish, ketchup, moutarde et mayonnaise. La serveuse me demande si je veux des piments forts dans mon hot-dog all dressed. Il me passe par la tête: «Mon dieu, le all dressed a changé en 2016! ». Après, je me dis qu’elle est vraiment fine d’avoir précisé avec moi (surtout que je n’aime pas les piments forts). Quand j’ai mangé mon hot-dog all dressed, voulez-vous savoir de quoi il était composé?! Ketchup, moutarde, tomates, salade et cornichon. En passant, c’était bon! C’est là que j’ai réfléchi sur le hot-dog all dressed et la communication! Je vous explique.

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Nous sommes deux personnes et nous avons chacune notre définition de all dressed. Nous avons toutes les deux raisons, si je peux le dire ainsi. En plus, cette serveuse a eu l’aimable gentillesse de préciser avec moi si je voulais ou non des piments forts. Même si j’ai eu un effet de surprise suite à sa question, j’ai sous-entendu qu’elle devait savoir la définition de all dressed. Je dis bien: «elle devait savoir». Je n’ai donc pas pris soin de préciser à mon tour ce que j’entendais par hot-dog all dressed puisque dans ma tête c’était vraiment clair. Pourtant au final, j’ai bien réalisé que nous n’avions vraiment pas la même définition de all dressed. Mais pourquoi? Parce que c’est ça la communication! Tout simplement. La réponse à ma question est simple mais je n’en dis pas autant sur la communication!

Alors, ça veut dire que deux personnes parlent le même langage mais il arrive qu’elles aient des définitions différentes d’un même sujet. C’est ce qui est arrivé avec ce fameux all dressed que nous savons très bien toutes les deux la définition mais combien différente! Dans cette séquence, je ne me suis pas fâchée. Même ça m’a fait sourire quand j’ai savouré mon hot-dog puisque j’ai réalisé combien la communication pouvait comprendre de mésententes.

Là, c’est l’histoire bien banale d’un hot-dog! Imaginez un autre contexte. On dit quelque chose à une personne et on a l’impression qu’elle ne comprend absolument rien. Pourtant, de son côté c’est très clair! Et c’est là que les émotions peuvent survenir; on se fâche, on s’énerve, on perd patience, on accuse l’autre de ne pas nous écouter, et pourtant, ce n’est pas le cas. «Ben voyons c’est évident». Non, ce n’est pas évident! Si on a des définitions différentes c’est normal qu’au final on n’arrive pas à la même chose. Comme ce hot-dog, si j’avais précisé ce que j’entendais par all dressed, je l’aurais eu comme je pensais l’avoir commandé. J’ai bien dit: j’entendais et je pensais. Là, j’ai présumé que ma définition était la même pour l’autre alors que ce n’était pas le cas. Ça revient au fait que lorsqu’on communique avec une personne, il y a des possibilités de mésententes. Et là, dans mon exemple cette personne n’était pas mal intentionnée et il n’y avait pas un malaise préexistant entre nous deux, imaginez en plus! J’en ferai un autre article sinon je vais buster le nombre de mots raisonnable.

Ça me fait penser à quand on a un dessin en tête et qu’on le dessine ou un air qu’on essaie de chanter, y me semble que ça ne donne jamais le même résultat! Bon à moins qu’on soit un champion du dessin ou un candidat à La Voix. Combien de fois il m’est arrivé de penser que j’avais été claire dans mes propos et que finalement, pas autant que la petite image que je m’étais faite. On parle le même langage, on utilise le même mot pour finalement ne pas avoir la même interprétation; d’où l’importance de clarifier et de préciser avec l’autre afin d’éviter que des conflits surviennent.

 

  1. Je ne vous ai pas dit qu’à un autre endroit, je précise que mon all dressed est sans choux car il y mette ce condiment! Ah, tout un sport manger un hot-dog all dressed.