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La science du bien-être

Par Catherine Landry-Plouffe, psychoéducatrice.

« Knowledge is power » est une célèbre citation du philosophe Thomas Hobbe qui m’a toujours été chère. J’estime que le savoir offre une autonomie intellectuelle et la possibilité de faire des choix éclairés. En ce qui me concerne, ça me permet d’avoir une vision du monde plus nuancée, plus complexe et, par le fait même, plus intéressante.

Il n’est donc pas étonnant que de chercher à comprendre est une stratégie vers laquelle je me tourne lorsque je rencontre des épreuves. Peu importe la nature de celles-ci, mon réflexe est d’aller me mettre le nez dans des livres, afin de mieux saisir ce qui arrive. Au fil du temps, cela m’a permis d’acquérir des connaissances, d’essayer diverses stratégies et de développer ma propre opinion sur celles-ci. Et puis, force est d’admettre que la démarche procure aussi de la validation et un sentiment de contrôle. Ça, c’est puissant et revigorant.

Plusieurs personnes adoptent cette même stratégie. En effet, le développement personnel est une industrie  qui était évaluée à 9.9 milliards de dollars américain en 2016 et dont l’augmentation continue année après année. Malgré cela, un certain malaise s’installait tranquillement, sans que je sois en mesure de l’identifier. Jusqu’à ce que je vive le confinement…

Comme pour bon nombre de personnes, cette période a été une épreuve. Je me suis donc tournée vers un cours en ligne appelé « The Science of Well-Being ». En résumé, il s’agit d’un cours donné par la psychologue Dre Laurie Santos de l’Université de Yale qui vise à augmenter le niveau de bonheur. Pour y arriver, elle enseigne trois concepts:  Les fausses croyances répandues sur le bonheur, les particularités du cerveau qui nous induisent en erreur et les résultats de recherche sur ce qui nous rend véritablement heureux.

Au-delà de ces enseignements, ce qui différencie ce cours c’est l’insistance qui est mise sur le développement d’habitudes dans le quotidien. Elle explique cette démarche novatrice par le fait que d’avoir des connaissances n’est pas suffisant pour engendrer un changement. Elle réfute la citation de G.I. Joe qui disait que de savoir représente la moitié du travail (« Knowing is half the battle »).

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Elle affirme plutôt que de savoir n’est pas suffisant pour changer comment nous pensons et comment nous agissons. Il faut mettre nos connaissances en pratique en développant des habitudes au quotidien pour y arriver.

Des exemples de stratégies sont d’identifier nos forces et de les actualiser une fois par jour, de bouger 30 minutes durant la journée, d’initier une interaction avec une personne et j’en passe.

J’ai donc tenté l’expérience en appliquant une nouvelle habitude pendant 4 semaines : trouver 5 éléments pour lesquels je ressens de la gratitude une fois par jour. Je savais que la gratitude est reconnue comme ayant une incidence positive sur le bien-être, mais jusqu’à maintenant je n’avais rien fait pour l’intégrer à ma vie.

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Crise de la trentaine!

Par Catherine Landry-Plouffe.

Le mois prochain j’aurai 29 ans. Selon plusieurs, c’est durant cette année qu’on vit la crise de la trentaine. Cette crise existentielle n’est certes pas vécue par tout le monde, mais lorsqu’elle l’est, on remet tout en question.

Crédit : http://lifeands.com/wp-content/uploads/2016/02/8-symptomes-qui-prouvent-que-vous-faites-votre-crise-de-la-trentaine.jpg

En regardant autour de moi, il me semble que la crise de la trentaine est vécue de deux façons. Pour certains, elle fait réaliser qu’ils ont atteint plusieurs de leurs objectifs de vie (maison, emploi, études, voyages, etc.). Toutefois, leur atteinte n’a pas toujours l’effet anticipé. Pour d’autres, elle fait réaliser qu’ils ne sont pas où ils l’auraient cru à cet âge.

De mon côté, je fais partie des premiers. Ma crise, je l’ai vécu de manière un peu précoce lors de mes 27 ans. Disons que ma dernière rupture amoureuse a provoqué les choses. Après ma séparation, j’ai tout questionné : mes valeurs, mon mode de vie, mes relations, mon choix de carrière, etc. Tout y est passé! C’est là que j’ai réalisé que depuis bon nombre d’années j’étais sur le pilote automatique ou plutôt sur les pilotes automatiques, qui étaient mes objectifs de vie (professionnels et personnels) et mes peurs. Ils dictaient mes choix et mes comportements.

Ces remises en question et les prises de conscience qui en ont découlées se sont concrétisées graduellement en changements dans ma vie. Le plus récent est de m’assurer que je fais les choses en étant dans le moment présent plutôt que dans l’anticipation de ce que je vivrai une fois que se sera terminé. Dorénavant, ce n’est pas l’atteinte d’un objectif fixé qui est important, mais le cheminement qu’engendre son atteinte.

J’ai fait ce constat en ayant atteint quelques-uns de mes objectifs personnels (études, emploi, etc.). Avec le recul, je réalise que la poursuite de leur atteinte m’a amené à ne pas porter attention aux occasions qui se sont présentées. En effet, j’ai les ai plutôt regardé passer en maintenant le cap vers mon objectif. Un exemple de cela est mon cheminement scolaire. Arrivée à l’université, mon objectif était de compléter mes études afin de devenir psychoéducatrice. Je trouvais l’idée de prendre une année sabbatique très intéressante, toutefois mon objectif et mes peurs (« peut-être que je ne voudrai plus retourner aux études », etc.) m’ont amenée à poursuivre sans pause.

Aujourd’hui, j’estime le fait d’atteindre mes objectifs personnels, mais j’ajoute la nuance de me questionner continuellement et de garder les yeux grands ouverts en cours de route.

L’élaboration d’un objectif personnel est donc le début d’un cheminement mais il n’est pas une fin de soi. Un concept qui s’applique tant dans ma vie personnelle que professionnelle, comme psychoéducatrice. Un détail important que M. Gilles Gendreau a également pris le temps de soulever dans son livre Jeunes en difficulté et intervention psychoéducative. Comme quoi les crises ont du bon!