Articles, La vie

Qui trace nos limites?

Par Caroline Charpentier.

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Après avoir visionné cette vidéo d’une fourmi qui se sent prise au piège après que quelqu’un ait dessiné un cercle autour d’elle, je me suis demandé : est-ce que vous vous reconnaissez en cette fourmi?

Cette fourmi qui semble libre et qui, tout d’un coup, le semble moins, à cause de cette ligne.

Cette ligne, des fois, on la dessine soi-même. «Je ne serai pas capable, ça ne fonctionnera pas». Ces phrases qu’on se dit et qu’on se répète sont un peu comme cette ligne noire qui se trace.

Elles peuvent apparaître dans un contexte précis ou avec une personne face à laquelle on se met soi-même des barrières: «Il va me regarder drôlement, elle va me juger si …». Ce sont des phrases et des pensées qui peuvent faire en sorte qu’on paralyse. Pourtant, on l’a tracé soi-même cette ligne noire. On a l’impression que c’est un mur solide qui est impossible à faire tomber ou à surmonter. On peut se décourager et donc, choisir de rester à l’intérieur de cette fausse zone de confort.

Est-ce que vous vous voyez en cette fourmi?

Cette ligne peut aussi être dessinée par une autre personne; dépendamment du contexte ce n’est pas toujours évident de revoir les liens qu’on a avec cette dernière et pourtant, c’est important. Cette ligne noire me fait penser à un animal pris dans une cage; l’animal pourrait devenir déprimé, sans énergie, colérique à force d’y être confiné.

C’est la même chose si on est pris à l’intérieur de cette ligne noire. On peut toutefois se sentir rassuré en demeurant dans cette fausse zone de confort. Un peu à l’image de cette fourmi, elle est là, elle s’y promène et elle tente de s’y habituer. C’est là qu’on peut se convaincre que «ce n’est pas si pire finalement, ça pourrait être pire à l’extérieur.». On peut même essayer de se persuader que «c’est là qu’on doit se retrouver» et qu’«on va finir par s’habituer avec le temps». Un élément aussi à considérer est que si on tente d’aller à l’extérieur de cette ligne noire, il est probable que la personne qui la dessine fera en sorte qu’on hésite, dira qu’on est mieux à l’intérieur et qu’on se trompe. On aura donc l’impression de faire une erreur en voulant aller vers l’extérieur, on choisira alors de demeurer dans la situation connue.

Essayons donc d’aller voir à l’extérieur de cette ligne noire. On pourrait être surpris même si ça peut faire peur d’aller vers l’inconnu, le nouveau. C’est comme chausser des rollerblades pour une première fois, ça roule pas aussi bien que ça en à l’air! On sera probablement déstabilisé, ce qui est 100% normal.

Voici une liste non exhaustive de moyens à prendre si on se reconnaît en cette fourmi et qu’on veut aller à l’extérieur de cette ligne:

-Commencer par identifier la présence de cette ligne noire. Elle est récente? Elle est là depuis combien de temps? Si oui, pas besoin de se culpabiliser, ça ne sert à rien!

-Vérifier qui dessine cette ligne? Soi-même? La famille? Le travail? Le(la) conjoint(e). Il peut arriver aussi qu’en nommant les choses, cette ligne noire s’efface et tant mieux! Il est aussi important de garder en tête qu’il est possible qu’on ne parvienne pas à s’entendre sur les nouvelles limites qu’on veuille établir et qu’une coupure s’impose avec la personne qui qui dessine cette ligne noire.

-Comment s’y prendre pour aller à l’extérieur de cette ligne? Une étape à la fois! Si on commençait par effacer au fur et à mesure cette ligne noire ça pourrait être plus encourageant. En même temps, pour certaines personnes, il vaut mieux faire le «saut» d’un coup qu’étape par étape. C’est donc de choisir la façon pour laquelle l’on est le plus à l’aise. Et peu importe la façon qu’on choisit pour effacer cette ligne noire, ce n’est pas le moment de jouer au plus fort. Vaut mieux demander de l’aide et du soutien au besoin.

Enfin, je crois (et je tiens à y croire) que tranquillement on s’adapte à ces situations qui peuvent sembler complètement déstabilisantes à prime abord. Alors, on garde en tête cette petite fourmi?

Articles, La vie

Salut toi, Commotion Cérébrale

Par Caroline Charpentier.

Salut toi, Commotion Cérébrale. Je prends le temps de t’écrire (comme si je ne t’accordais pas assez de temps). Ça d’l’air que tu as besoin d’attention. Tu es dans ma vie depuis un bon bout. Je dois vivre avec toi. Je ne t’ai pas choisie, oh que non. Encore moins 24h sur 24h dans mes baskets. Moi qui pensais que lorsque j’avais des problèmes avec quelqu’un je pouvais mettre mes limites ou que si la relation ne s’améliorait pas, je pouvais la quitter. Je veux bien te quitter mais on dirait que tu me le rends impossible! Même quand je vis de bons moments, tu ne te gênes pas pour faire ton apparition avec tes étourdissements, tes vertiges, tes palpitations… Tu es égoïste. Je dirais même narcissique!

1406210344_Le-traumatisme-cranien-un-facteur-consequent-du-stress-post-traumatique_article_topTu me fais vivre tellement d’émotions. Des fois, je suis si en colère contre toi; je pleure aussi quand je réalise que je ne peux plus faire certaines activités à cause de toi. À d’autres moments, ce qui est surprenant, c’est que je te remercie. Bon, à mots couverts, là, au cas où tu t’enflerais la tête! Tu m’as quand même amenée à réaliser que dans la vie, il n’y a rien d’acquis. Je suis donc plus facilement émue par ces petits moments de ma vie que je savoure encore plus. J’étais reconnaissante avant mais pas autant que maintenant. Même à cause de toi je passe mon temps à le rappeler à mon entourage! Tu leur fait réaliser que c’est fragile en svp la vie! Bon, faut dire que ton chummy le cancer ne se gêne pas aussi pour le faire réaliser... Mais bon ça, ça sera un autre sujet.

Avant que tu me suives (au cul) j’étais une grande gourmande! Depuis que nous sommes en couple (ben oui, on est en couple), tu me donnes plein de nausées. Je ne connais pas les nausées de femmes enceintes, mais moi je «gestationne» la nausée depuis plus de 3 ans! Y’a pas une date d’expiration sur ce truc?! Même la nuit, tu me réveilles comme si j’avais un mal de cœur d’un trop de cuba libre alors que ce n’est pas le cas. Bon, au moins tu m’as fait perdre plusieurs kilos sans que je travaille fort et ça fait l’envie de certains! Tout un brûleur de calories tes palpitations que tu me déclenches à tout moment.

Commotion Cérébrale. Tu sembles aussi choisir auprès de qui tu vas rester plus longtemps que chez d’autres puisque ce n’est pas tout le monde qui vit avec les séquelles aussi longtemps. Tsé l’appellation Tanguy pour les adultes qui tardent à quitter le nid familial. Ben je t’annonce que tu es tout un Tanguy, toi. Commotion Cérébrale Tanguy. Y me semble que j’aurais plus aimé être dans les rares qui gagnent à la loterie que tu «Tanguyse» avec moi!

Depuis que tu partages ma vie (ouais, je dois m’habituer à t’inclure dans ma vie), tu me permets de vivre encore plus de moments cocasses! Il faut bien les nommer. C’est très drôle quand je baille à n’en plus finir comme si j’étais terriblement désintéressée par mon interlocuteur, alors que ce n’est pas le cas! Surtout ce petit monsieur l’autre jour à l’épicerie qui semblait me trouver beaucoup trop fatiguée pour être debout. Quand je suis habillée avec un gros coton ouaté lors d’une canicule alors que je gèle constamment depuis que tu es là! C’est comique. Tu me fais rire aussi quand je mêle les mots. C’est quasiment un jeu de charivari pour deviner le mot que je veux dire! C’est cocasse!

Je te remercie aussi de t’acharner sur moi. En fait, j’essaie de le voir de cette façon en me disant que tu es tellement occupé avec moi que, pendant ce temps-là, tu laisses tranquille mes proches que j’aime.

Je vous propose de faire l’exercice d’écrire une lettre s’adressant à l’élément qui vous dérange dans votre vie; c’est un très bon moyen que j’utilise comme psychoéducatrice; vous en voyez la preuve ici.

Articles, Opinions

Croire en soi à…go!

Par Caroline Charpentier.

Croire en soi, c’est un défi pour certains (peut-être même pour plusieurs). C’est aussi un sujet assez prisé pour plusieurs auteurs. Ça démontre à quel point ce n’est pas toujours évident de croire en soi. Mon article en est donc un de plus! Je ne prétends pas réinventer la roue. Je pars de l’image partagée par Jimmy Sévigny sur sa page Facebook dernièrement.

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Ce mantra m’a beaucoup interpellée.

Tout part de là! Tout part de croire en soi.

Croire en soi c’est:

-la fondation de la maison qui soutient chacune des pièces de celle-ci.

-l’essence dans l’auto qui permet de la faire avancer.

-les 2 roues du vélo qui le font rouler.

-l’électricité nécessaire pour allumer les lumières.

-la connexion internet pour naviguer sur le Web.

-l’eau dans la piscine pour y nager.

-la batterie du Kodak pour prendre des photos.

J’en ai des exemples concrets et j’en aurais plein d’autres! Et on est sûrement tous d’accord que mes exemples ont du sens. Toutefois, c’est plus complexe quand vient le temps de croire en soi. Pourtant, croire en soi c’est comme cette fondation de la maison, c’est comme cette essence dans l’auto. C’est à la base même de notre personne. C’est ce levier qu’on a besoin pour aller vers la prochaine étape, pour surmonter une situation xyz, pour oser prendre une décision pour laquelle on sort de notre zone de confort et j’en passe!

Si je reprends le mantra: « Si vous avez cru au Père Noël pendant huit ans, vous pouvez bien croire en vous pendant au moins 5 minutes.» C’est bien peu que certains penseront. Je suis d’accord qu’un 5 minutes est bien peu mais, c’est une façon de commencer! Un 5 minutes pour cette fois-ci et la prochaine fois, ça sera 10 minutes. Qui sait, on se rendra peut être à 25 minutes et, ainsi de suite.

Croire en soi c’est comme ces enfants qui croient au Père Noël; des fois ils sont convaincus qu’il existe pour vrai et à d’autres moments, ils sont plutôt sceptiques et ont des doutes. Ça va, ça fait partie du processus. C’est variable. Et c’est la même chose pour le fait de croire en soi. La seule différence c’est qu’il est bon de mettre les choses en place pour continuer de croire en soi et que ça se poursuivre dans le temps!

J’entends dire: «Ben sont où tes moyens maintenant?». J’aurais tendance à m’y prendre comme cet enfant; ce petit qui se donne la chance de croire au Père Noël et bien, je crois que c’est de la même façon qu’on pourrait commencer.

Se laisser la chance de croire en soi, ne serait-ce qu’un 25 secondes si on pense que le 5 minutes ce n’est pas réaliste.  C’est encore mieux ça?!

Articles, La vie

La vie comme une autoroute

Par Caroline Charpentier.

Sur l’autoroute, on croise plusieurs autos comme on côtoie plusieurs personnes dans notre vie. On partage la route avec certaines personnes pendant un bon bout alors qu’avec d’autres, c’est passager; ça ne veut pas dire pour autant que c’est seulement négatif. Certaines autos qu’on suit peuvent donner l’impression qu’on est plus concentré sur la route ou donner le sentiment d’être plus en sécurité. D’autres font qu’on réalise qu’elles roulent beaucoup trop vite ou ralentissent notre chemin. Dans la vie, identifiez-vous ce genre de personnes avec qui vous partagez la route?

Il arrive que dépendamment de l’heure à laquelle on se retrouve sur l’autoroute, on peut être dans l’obligation de ralentir ou même de s’immobiliser en raison du trafic. On avait prévu le coup? Oui, car on s’attend à ralentir dans les heures de pointes ou si les conditions routières sont difficiles. Non, car à d’autres moments, on peut être surpris du trafic en pleine nuit! On appelle ça les imprévus. Vivez-vous des situations où vous prévoyez le coup ou qui vous surprennent?

Spaghetti_Junction_3033781bIl arrive que dans les zones de construction on doive diminuer notre vitesse même si on voudrait aller plus vite et skipper cette partie! Ces zones qui sont nécessaires pour améliorer les routes. Dans votre vie, en avez-vous de tels chantiers de constructions? Des fois, on les trouve ben gros et long à faire! En même temps, ça sert à quoi de vouloir précipiter les choses et devoir, au final, les recommencer?

Il arrive que des policiers soient présents pour faciliter la circulation sur l’autoroute. Qui sont ces bonnes polices qui vous soutiennent ou vous préviennent dans votre vie? Il arrive que ces mêmes policiers émettent des contraventions  puisqu’on n’a pas respecté le code de sécurité. Des fois on en a peut-être évitées quelques-unes mais si on continue à conduire d’une telle façon, on se fera prendre! Dans la vie, avez-vous besoin de vous faire arrêter par cette police qui peut être un conjoint, un ami ou un médecin pour éviter une contravention personnelle, professionnelle? Ou vous savez identifier, par exemple, les signes d’une trop grande fatigue et respecter la limite de vitesse de votre vie?

Il arrive qu’on soit heureux avec ce soleil qui accompagne la route; il arrive aussi qu’on soit incommodé par ce même soleil puisqu’il est directement dans le champ de vision. Dans la vie, avez-vous ce beau côté d’une situation qui a aussi des inconvénients?

Il arrive qu’on prenne une ou des sorties pour arriver à destination; lors de ces sorties on croise une intersection, un arrêt, une lumière de circulation.  Dans la vie, croisez-vous des arrêts obligatoires ou devez-vous prendre des sorties pour emprunter d’autres chemins afin d’arriver à votre objectif? Il arrive aussi qu’on passe par différents chemins pour enfin trouver le trajet qui convient le plus lorsqu’on conduit. Dans la vie, faites-vous plusieurs essais pour trouver votre chemin? Devez-vous vous reprendre pour trouver cette voie qui vous convient? Je dois avouer que cet article (c’est une bien drôle coïncidence!) est en écriture depuis quelques mois déjà où à plusieurs reprises j’ai ajouté, enlevé, modifié, simplifié, précisé et pour finalement en être satisfaite. Je suis arrivée à destination!

Enfin, peu importe où on se retrouve sur l’autoroute, rappelez-vous qu’il y a moyen de retrouver son chemin, de revenir sur ses pas ou de prendre la prochaine sortie. Dans ce texte, je parle peu des émotions bien qu’elles peuvent être présentes à différents niveaux. Mon but est qu’on retienne que dans la vie, outre les émotions, c’est comme être sur l’autoroute; il y a plusieurs options comme prendre des sorties, choisir des trajets alternatifs, suivre d’autres autos ou faire la route seule, s’immobiliser et j’en passe! Bonne route.

Articles, Opinions, Santé mentale

L’homme qu’est Alexandre Taillefer

Par Caroline Charpentier.

Jusqu’à tout récemment, je le voyais comme étant l’homme d’affaires qu’il est. Maintenant, je le vois comme un modèle d’homme, comme un homme avec un grand H, comme un homme tout simplement respectable.

Dernièrement, on l’a vu à la télévision, on l’a entendu à la radio et on l’a lu sur les réseaux sociaux alors qu’il a expliqué le terrible drame que sa famille et lui vivent depuis quelques mois.

Il a toute mon admiration. Pourquoi?

Il est un homme.

Il a osé nommer que sa famille vit un drame important.

Il a osé parler du suicide de son fils.

Il a osé avouer qu’il trouve cela difficile.

ll a osé spécifier les démarches qu’il a fait pour obtenir de l’aide dans cette terrible épreuve.

Il a osé affirmer qu’il a consulté des spécialistes tel un psychologue.

Il a osé expliquer ses émotions face à cette situation.

Il a osé dire ses questions et ses interrogations face à ce qu’il vivait comme personne.

Il a osé verser des larmes devant un public, devant un auditoire.

Il a osé s’exprimer avec respect suite aux propos d’un animateur suite à son passage à la télévision.

Il a osé être authentique.

Cette situation est dramatique et personne ne devrait vivre une telle situation. Je prends le temps d’écrire cette réflexion pour nommer toute mon admiration à l’homme qu’est Alexandre Taillefer au travers de cette épreuve. Je trouve qu’il est un beau modèle à prendre pour la gente masculine. Sans vouloir généraliser, les statistiques le démontrent que les hommes ont plus de difficultés à aller chercher de l’aide et nommer leurs émotions. Comme psychoéducatrice (et autres professionnels dans la relation d’aide) on fait beaucoup de travail de sensibilisation pour démystifier ces tabous et stéréotypes chez les hommes. Jacques Roy, sociologue, explique que «demander de l’aide pour l’homme par rapport à une femme c’est demander de s’exposer à une certaine vulnérabilité». «Lui, on part de cette idée que normalement il est capable tout seul», ajoute-t-il. La psychoéducation, entre autres, faite auprès des hommes est pour les amener à voir différemment ce qu’est la recherche d’aide au lieu d’être humiliante pour eux. On les aide à exprimer davantage leurs émotions alors qu’ils peuvent se refermer sur eux, masquer leurs problèmes, se tourner vers la consommation, etc. On les amène à retravailler leurs idées préconçues en leur faisant prendre conscience que d’exprimer ses émotions n’est pas un signe de faiblesse.

20150514-113403-gC’est pourquoi je trouve Alexandre Taillefer inspirant dans sa démarche. Je tiens à lui adresser toute mon admiration alors qu’il donne un bel exemple aux hommes où, l’homme peut parler de ses émotions tout en demeurant un être vénérable. Je tiens également à souhaiter mes plus sincères condoléances à Alexandre Taillefer et sa famille.

La difficulté des hommes de demander de l’aide, Jacques Roy président de l’autonomie. 85% veulent résoudre leurs problèmes seuls et 60% d’entre eux refusent de demander de l’aide. « 91,4% des hommes québécois ne souhaitent pas ne désirent pas d’aucune manière d’être contrôlés par qui que ce soit. ()Les hommes ont un écran face aux services liés au fait que demander de l’aide pour les hommes c’est plus difficile socialement. Il se pose sur le terrain une certaine vulnérabilité. importante, certains hommes ne demanderont pas d’aide car pour eux autres c’est humiliant. Je vais perdre ma fierté personnelle. 27% Les hommes que les services seront persuadés les aideront pas.