Comparer ou savourer?

Par Caroline Charpentier.

J’étais à St-Jean-de-Port-Joli dernièrement pour des raisons de santé. J’avais pris soin d’amener du linge chaud pour aller au bord du fleuve. J’y suis restée que 15 minutes car j’étais fatiguée. Je me suis donc empressée de prendre des photos avec mon kodak et mon cellulaire. À un moment donné, j’ai ben réalisé que je manquais l’instant présent. Je me suis vue aller avec mon café qui tombait sur mon manteau, mon kodak autour du cou, le cellulaire dans les mains, les mains gelées, le sac à checker pour ne pas qu’il parte au vent. Je n’en profitais pas. J’étais là, à prendre des photos, à voir le coucher du soleil mais au travers de ces appareils. À vouloir trop capturer ces évènements, à vouloir garder des souvenirs, je n’ai pas pris le temps de savourer mon moment présent.

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Et là, je n’ai pas partagé mes photos sur Facebook ou sur Instagram. Si je l’avais fait, de l’extérieur, on aurait pu penser que c’étaient de belles vacances méritées, que j’avais longuement profité du bord de l’eau, que j’avais mangé à ce bistro vintage, que j’avais… Non! En réalité, j’étais complètement exténuée et je suis retournée à ma chambre de motel car je n’avais pas l’énergie de supporter le bruit ambiant du restaurant. Est-ce que ça vous arrive de comparer votre vie avec les photos que d’autres partagent sur les réseaux sociaux? Ça peut être facile de tomber dans les comparaisons. J’assume la première qu’il m’est arrivée à certains moments que lorsque je me sentais plus morose je me laissais emporter dans ces comparaisons-là: «moi aussi j’aimerais, moi aussi j’aurais aimé…». Ça c’est de mon côté.

De l’autre côté, il y a ceux qui partagent leurs moments. Ils le font dans quel but? Partager sans attente en retour ou pour avoir des likes? Essena O’Neill, cette jeune mannequin qui s’est retiré des réseaux a avoué la vérité sur ces photos où sur l’une d’elle elle n’avait pas mangé de la journée pour avoir un ventre plat et l’autre, elle a repris une centaine de fois. «Les seuls moments où je me suis sentie bien étaient quand j’avais plus de followers, plus de likes, plus de vues, ce n’était jamais assez.» Je crois que c’est ça qui peut devenir malsain lorsque les attentes sont uniquement basées sur le feed-back des réseaux sociaux. Je dis bien uniquement! Puisque si je partage parce que j’en ai le goût et que je n’évalue pas ma valeur uniquement selon le nombre de likes et de commentaires, ça va. On ne se le cachera pas qu’un «bravo», qu’un «tu es belle» font du bien! Mais si une photo récolte moins de likes, ça ne fait pas de moi une fille non aimable ou laide. Enfin, si c’est un bon moment que j’ai simplement le gout de partager, pourquoi pas! C’est quand même la beauté des réseaux sociaux aussi!

Tout ça c’est une question de dosage puisque je ne suis pas en train de dire que tout est fake sur le net. Au contraire! Ça me permet de voyager sans le faire alors qu’un ami partage ses photos du Mexique, de découvrir un restaurant que je ne connaissais pas, de visiter une partie du Salon du Livre sans y être allée. Lydiane autour du monde est un bel exemple auprès de qui je peux voir de superbes endroits sans les avoir visité à ce jour! Je peux aussi savourer un moment trop cute d’un des enfants de mon entourage sans y être physiquement; ça aussi ça me rend très heureuse. L’idée est de voir ce que j’en retire. Si je suis contente, fine. Si je suis triste, il est peut être bon que je revoie ma façon d’utiliser les réseaux sociaux afin d’éviter que ça deviennent nuisible pour ma propre santé.

Qu’est-ce que vous en pensez?

 

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La première impression

Caroline Charpentier, psychoéducatrice

Caroline Charpentier, psychoéducatrice

Texte offert par Caroline Charpentier, nouvelle collaboratrice sur le blogue Ensemble Maintenant. 

J’ai l’impression d’être à une entrevue, à une première rencontre, à une première «date». Vous savez ce genre de rencontre qu’on se dit: «J’aimerais bien que ça fonctionne, j’aimerais que, j’aimerais…». En plus, j’entends cette petite voix qui me dit d’aller vite parce qu’on dit que la première impression se fait assez rapidement. Ok, un instant SVP!

En écrivant ce premier paragraphe (et surtout ce premier article), je réalise que ma réaction est à l’image de ce qu’est la vie. Ce fameux désir de faire une bonne première impression, ici, de susciter l’intérêt du plus grand nombre de gens qui liront mon article mais je réalise qu’il n’est pas possible de plaire à tous et à chacun. Je sais bien que certains seront interpellés au début, pendant, plus tard ou pas pantoute!

Est-ce que ça vous arrive, vous aussi, de vouloir aller trop vite dans certaines situations? De chercher par où commencer et comment vous y prendre? De vous sentir malhabile et surtout, «pitcher (c’est littéralement le mot)» plein d’idées sans être claire?

C’est à ce moment qu’on a l’impression de perdre le fil et de parler une langue étrangère. On s’entend pour dire que je n’utilise pas mon clavier pour la première fois et, encore moins pour écrire un texte. Je réalise que c’est une situation nouvelle pour moi, ce qui m’amène à avoir cette impression que mes repères sont flous.

Peut-être qu’on aurait intérêt, lorsque nos idées s’embrouillent, de nous arrêter. De prendre une petite pause suivie d’une grande respiration. Ça aide à faire un tri dans ces idées pêle-mêle pour mieux comprendre et ainsi, faire comprendre.

Pour ma part, quand je veux aller trop vite, j’essaie de me ramener à la base: j’ai commencé par ramper avant de courir. Oui,  une étape à la fois.

D’une certaine façon, face à l’inconnu il arrive qu’on ne sache pas à quoi s’attendre et pourtant, on peut y gagner beaucoup. Alors voilà, je me lance dans cette nouvelle aventure de blogueuse pour Ensemble Maintenant sans trop savoir à quoi m’attendre, mais avoir le sourire et le désir d’échanger.

À bientôt!