Tu seras une championne!

Par Laure Rollier.

Ne met-on pas trop de pression sur les épaules de nos enfants? La quasi unanimité des parents et professeurs interrogés répondent par l’affirmative à cette question.

En effet, nous vivons dans une société où le plus important s’avère être la réussite socio-professionnelle. Les parents inculquent à leurs enfants, parfois sans le vouloir, le culte de la réussite, du dépassement de soi, du travail acharné.

Dès lors que l’enfant devient élève, ses parents n’ont de cesse de le pousser, de contrôler, de comparer même. S’il est important de suivre la scolarité de nos petits, il est tout aussi primordial de leur apprendre à se tromper, se détendre, mais également, prendre du temps pour eux-mêmes.

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À peine, le tout-petit entré à l’école, il importe de lui proposer une activité extra-scolaire. Comme si le simple fait de devoir faire ses premiers pas dans l’institution n’était pas suffisamment déroutant. Un élève de maternelle a souvent un emploi du temps surchargé entre école, cantine, garderie. Les activités extra-scolaires doivent rester adaptées à son rythme mais surtout à ses goûts. Jérôme, papa de Julian, 9 ans, explique: « Je fais du rugby depuis le plus jeune âge, il me paraissait normal d’y inscrire mon fils lorsqu’il a eu six ans. Cela s’est révélé être une grosse erreur! Julian a certainement voulu me faire plaisir en se montrant tout d’abord enjoué. Son entraineur m’a rapidement alerté sur le fait que mon fils n’était pas fait pour cela, qu’il n’était pas « moi »! Depuis, Julian fait du tennis et se régale dans ce sport. »

Cela ne concerne pas uniquement le contexte familial, nous rencontrons parfois, en tant que parent, des difficultés face à un professeur, un éducateur sportif, un coach qui ne se rend pas forcément compte qu’il interagit avec un enfant. Annie, maman de Victor, 18 ans et Luna, 13 ans, raconte: « Ma fille a intégré l’équipe de handball académique dès son entrée au collège. Ses professeurs de sport étaient dithyrambiques sur les capacités de cette équipe à gagner tous les tournois régionaux. Ils prenaient les filles hors temps scolaires pour les préparer, bref, elles avaient déjà tout gagné avant même d’avoir participé! Lorsque la date fatidique est arrivée, une de leur camarade n’était pas en forme, aussi les filles ont échoué car cela leur a complètement fait perdre leurs moyens. Imaginez la réaction de gosses de 13 ans; elles ont fini en larmes et se sont disputées entre elles! » L’histoire pourrait s’arrêter là, sauf que la mère de famille, amère, ajoute: « La pire réaction, selon moi, aura été celle de leurs profs qui ont été très durs avec les adolescentes, leur reprochant leur attitude puérile et non sportive! À quoi s’attendaient-ils ayant passé des semaines à leur promettre le trophée? »

Les enfants ne sont pas des « mini-adultes », ils n’ont pas la même façon d’appréhender le monde que nous, ils n’en tirent pas les mêmes leçons, mais ils ont surtout bien le temps d’entrer en compétition avec le monde extérieur.

Écrire : une chance?

Par Stéphanie Deslauriers.

En promenant Toutou l’autre matin, je croise un de mes voisins qui fait la même chose. « Argh, je dois me rendre au centre-ville ce matin et y va avoir du trafic », qu’il me dit, après que je l’ai abordé d’un contemplatif : « Aahh…il fait tellement beau, ce matin… ».

Il s’est empressé d’ajouter : « Toi, tu dois être en vacances pour dire ça? ».

N’oui. En fait, je passe mon été à écrire mon prochain livre, que je lui explique.

Je n’ai pas fini ma phrase que je vois son visage changer.

« Aaah ouin… », qu’il lâche, l’air de dire que OUI, je suis en vacances car écrire, c’est tellement pas un vrai métier, surtout. Et travailler de la maison en linge mou implique assurément que…je sais pas. Je sais pas du tout ce que ça implique, en fait. J’aime juste ça être en linge mou.

On se laisse immédiatement après cette courte interaction, où il me rappelle que LUI, il doit aller affronter le trafic.

Bon.

Est-ce que je suis chanceuse de travailler de la maison? Est-ce qu’il est malchanceux d’avoir une job au centre-ville?

N’oui.

Je suis chanceuse pour plein de choses, dans la vie. Chanceuse…

  • d’être née dans une époque où je n’ai pas à travailler dans une shop 14h par jour à partir de l’âge de trois ans
  • d’être née dans un pays favorisé
  • d’avoir pu fréquenté les meilleures écoles publiques en raison de mon lieu d’habitation (en raison du revenu de mes parents)
  • d’avoir reçu le soutien financier de mes parents pour mes études supérieures
  • …et probablement pour plein d’autres affaires que je ne réalise pas ou que je ne sais juste pas.

Et j’en suis très, très reconnaissante. Vraiment.

Mais j’ai aussi travaillé très fort lorsque j’allais dans les meilleures écoles publiques de la province. Quand je suis arrivée à l’Université. Quand j’ai fait le choix de travailler 15-20h par semaine en même temps de suivre 15h de cours et de faire 15-20h de stage. De mettre sur pied ce blogue que vous êtes en train de lire (merci, en passant) en entamant ma maitrise. Quand j’ai presque fait dans mes culottes en postant mon tout premier manuscrit aux maisons d’éditions en me disant : « On verra » (manuscrit que j’avais écrit, tsé). Bref, je pourrais continuer ainsi encore et encore. Je sais, je suis une travaillante.

Et écrire, c’est probablement le métier le plus difficile dans tous ceux que je fais (chargée de cours à l’Université, formatrice, psychoéducatrice, blogueuse, etc.). C’est de l’écriture, de la lecture, de la réécriture, des modifications, des commentaires de l’éditrice, des commentaires de la réviseure, de la réécriture encore, des modifications encore. Jusqu’à sa sortie où pas grand-monde se déplacera à ton lancement parce qu’il y en a tellement d’autres évènements auxquels assister exactement au même moment. Ou pas tant de gens te liront, parce qu’il y a tellement d’autres livres sur les tablettes. Et c’est correct, là. Je me plains pas de ça. Je fais juste dire que c’est dur, écrire. Et que oui, c’est un métier. Une vocation, même.

Alors, si ma vocation me permet, entre juin et fin août, de travailler de la maison en linge mou, entre mes angoisses, mes inquiétudes et mes élans, eh bien, soit! C’est un choix que j’ai fait, une option que j’ai eu la chance d’avoir…et que j’ai prise. Et ça, j’en suis franchement reconnaissante.

Consommer moins, point.

Par Stéphanie Deslauriers.

Je suis en train de lire « Cessez d’être parfait, soyez vous-même » de la docteure américaine en travail social, Brené Brown. J’ai découvert cette chercheuse via son populaire TED Talk : « The power of vulnerability » où elle parle de la vulnérabilité non pas comme d’une faiblesse ou d’un point à améliorer, mais comme la façon dont ont les gens heureux de vivre leur vie : en se montrant vulnérables, en ÉTANT vulnérables, vrais et authentiques. Ils prennent le risque d’être qui ils sont vraiment. Ils prennent le risque de se faire rejeter pour qui ils sont. De se faire dire « non », d’échouer, de se faire rejeter. Mais ils préfèrent continuer d’avoir le courage d’être qui ils sont vraiment, ce qui les amènent à être aimés véritablement aussi.

Bref, dans le livre en question, l’auteure parle de l’addiction : aux drogues, au jeu, à l’alcool mais également au magasinage, au comfort food, au travail et à l’aide apportée aux autres.

Ouaip, on peut être accro à sa job mais aussi au sentiment qui monte en nous quand on aide, quand on se sent utile, important, altruiste.

J’ai eu une pensée pour toutes mes consoeurs et confrères intervenant(e)s en arrêt de maladie, en épuisement professionnel, en burnout.

Pour mon moi de 26 – VINGT-SIX!!! – ans qui était en surmenage. Je commençais à peine ma carrière que déjà, j’étais sur le cul.

Parce que oui, venir en aide aux autres peut permettre d’engourdir ses propres soucis, nous empêcher de nous regarder le nombril puis de se fixer dans le miroir en toute vulnérabilité pour se dire : « Ouais. Quelque chose ne va pas. ».

Bon, il y a un système de santé et de services sociaux qui est malade, aussi. C’est une réalité à ne pas négliger quand on regarde le nombre de professionnels du domaine à boutte. Mais ça, c’est un autre dossier.

J’ai aussi constaté à quel point j’étais accro au magasinage. En fait, je l’ai toujours su et ça n’a jamais été un grave problème : pas de marge de crédit ni de carte de crédit loadée. Mais.

Magasiner permet de remplir un vide, provoque unedécharge d’endorphines – éphémère – lorsqu’on se procure ZE truc en solde, par exemple. Et on en a besoin de plus, plus souvent.

L’an dernier, j’ai commencé à acheter usagé. C’est bon pour l’environnement et mon portefeuille, après tout! Oui, mais…

Mais je le fais plus pour me déculpabiliser. « Ça a pas coûté cher! » « C’est du recyclage! » Oui à ces deux affirmations mais. Au fond de moi, je sais bien que ça répond à un autre besoin.

Bref, ce constat m’a donné envie de me lancer un défi personnel : ne rien acheter dont je n’ai pas besoin pendant 30 jours. Suivant un peu le même principe de février sans alcool (bon, OK, février dure 28, 29 jours max), je m’essaie.

D’ailleurs, en février dernier, je me disais que ce n’était aucunement un défi pour moi de ne pas boire une goutte d’alcool pendant tout un mois. Ça m’arrive souvent de passer 30 jours, voire plus, sans consommer. Mais pour le magasinage, par exemple…

Faque, qui embarque?

Ariane a lu…

Par Ariane Mimeault.

J’ai lu…

Tout savoir pour composer avec les turbulences à l’adolescence  (et révéler l’être génial, fantastique et exceptionnel que tu es!)

Un ouvrage de référence pour aider notre ado à gérer ses émotions en dents de scie, ses remises en question, ses inquiétudes et angoisses, c’est plutôt bienvenue quand on ne sait plus par quel bout le prendre! On a beau être passé par là, les vieilles expériences de vie ne suffisent pas toujours pour démêler les nœuds existentiels de notre grand enfant. Que deux doctorantes en psychologie aient pensé écrire un livre destiné à cette catégorie d’âge est une idée de génie! Car face à cette période délicate, un parent se sent parfois bien démuni pour apporter réconfort et soutien à son adolescent qui lui tourne le dos…

Rédigé dans un langage simple et accessible, le livre s’adresse directement aux jeunes qui vivent des difficultés et ont besoin d’un coup de pouce pour arriver à voir plus clair. Il donne des méthodes et outils concrets pour se sortir de situations embarrassantes, paralysantes, inconfortables. Comment négocier avec l’incertitude ou comment se libérer de pensées obsédantes par exemple.

Il y a même des exercices pratiques pour mettre en place ces stratégies, car c’est ça le secret si on veut que ça marche : il faut le faire, pas juste le lire! Les rubriques « Souviens-toi » à la fin de chaque chapitre et le graphisme qui punche les éléments importants aident également à bien intégrer les notions et facilitent la lecture.

Au fil des pages, j’ai retrouvé des pistes de réflexion et trucs déjà vus en psychologie positive et en gestion des troubles anxieux. Des choses qui peuvent sembler relever du gros bon sens pour les adultes que nous sommes. Mais pour des ados qui ne sont pas familiers avec ce type d’approche, ce livre, qui est une forme d’introduction à la psychologie, peut être d’une aide précieuse. Pour certains adulescents aussi…

Sans blague, cette petite plaquette est suffisamment bien faite pour être consultée par toute personne qui traverse une zone de turbulences. À mettre dans sa bibliothèque pour le bénéfice de tous!

***Un merci spécial à Julie Philippon (alias Mamanbooh) grâce à qui cette lecture a été rendue possible et à Marie-Anne de chez Midi Trente pour sa collaboration spontanée.***

 

Tout savoir pour composer avec les turbulences à l’adolescence (et révéler l’être génial, fantastique et exceptionnel que tu es!)

par Isabelle Geninet et Amélie Seidah, doctorantes en psychologie

publié aux Éditions Midi Trente

Psst! 

Motivation et bien-être au travail

Par Marie-Eve Gosselin.

Êtes-vous heureux au travail? Dans votre rôle? Dans vos fonctions? Dans vos rapports professionnels?

Est-ce que votre mandat vous correspond? Les projets qui vous sont confiés vous animent-ils? Adhérez-vous aux valeurs de votre organisation? Y êtes-vous attachées? Avez-vous du plaisir? Comment la façon dont vous percevez les choses influence-t-elle vos propres comportements? Avez-vous conscience de ce qui vous affecte? Êtes-vous sensible à l’influence que vous avez sur les autres?

Votre personnalité peut-elle s’exprimer? Vous sentez-vous compétent, adéquat, valorisé et reconnu? Avez-vous confiance en vos ressources et en vos capacités? Continuez-vous d’apprendre, de grandir et d’évoluer? Êtes-vous courageux?

Ça vous parle tout ça? Prenez un moment pour y réfléchir. Il n’y a pas de bonnes réponses et vos propres réponses sont toujours le plus intéressant puisque c’est de vous et de votre vie dont il s’agit! Quel sens donnerez-vous aux choses? Quelle orientation prendrez-vous? Êtes-vous libre de vos actions? Vous sentez-vous libre de choisir? Vous choisissez-vous?

Théorie de l’autodétermination de Deci et Ryan

Les psychologues Deci et Ryan (Crédit de l’image : http://selfdeterminationtheory.org/wp-content/uploads/2014/09/DeciRyan.jpg)

Deci et Ryan sont deux psychologues, professeurs et chercheurs à l’Université de Rochester à New York. Ils ont co-fondés la théorie de l’autodétermination présentée en 1985 dans un ouvrage ayant pour titre : Intrinsic motivation and self-determination in human behavior. Selon leur vision, l’humain aurait des tendances naturelles à se comporter de manière efficace et saine. Selon leur théorie, trois besoins psychologiques sont fondamentaux à l’humain et à la base de notre motivation et de notre bien-être; c’est-à-dire : les besoins d’autonomie, de compétence et d’appartenance. (On y reviendra une prochaine fois, promis!)

Deci et Ryan affirment également que lorsqu’un individu est autodéterminé, il a un sentiment de liberté de faire ce qui est intéressant pour lui, important dans sa vie et qui lui apporte vigueur et énergie.

Besoins, besoins psychologiques, motivation et bien-être

Un besoin, c’est une condition inhérente à l’individu, ça lui appartient. Il provient de l’intérieur de lui et il est essentiel et nécessaire à sa survie, à sa croissance et à son bien-être. Un besoin est inné, on le transporte avec soi en tout temps, il peut être plus fort dans certains contextes, nous suit à peu près toujours et est également universel et observable dans toutes les cultures. Manger est un besoin, dormir en est un autre. La pyramide de Maslow, ça vous dit quelque chose?

Si un besoin n’est pas satisfait, il endommage notre bien-être physique; on va le ressentir et ça va amener des conséquences négatives sur notre bien-être psychologique à long terme.

On a aussi des besoins psychologiques! Ils sont également universels et observables, on les transporte aussi avec soi, ils endommagent notre bien-être psychologique s’ils ne sont pas satisfaits ET ils le favorisent s’ils sont satisfaits. Magie!

États affectifs, sentiments et émotions

Nos états affectifs et nos humeurs nous informent sur nos besoins grâce à nos sentiments et nos émotions; notre motivation sert à y répondre en nous fournissant la force nécessaire pour agir et – ainsi – nous permettre de préserver notre bien-être psychologique et notre intégrité physique.

Notre corps nous parle et il est si brillant, l’écoutez-vous suffisamment? Êtes-vous sensible à vos propres besoins? Oui? Quels sont vos désirs? Que désirez-vous?

The End

Je vous quitte ici pour aujourd’hui, autrement je vous surchargerais d’information! Je laisse donc le tout descendre et prendre sa place et on se retrouve bientôt avec la suite! En attendant, je vous offre cette citation que j’apprécie particulièrement :

« La vie n’est que le reflet des couleurs qu’on lui donne. Il appartient à l’homme de savoir cultiver sa vie. » – Henri Grouès, dit l’abbé Pierre.

Bonne réflexion!