Articles, La vie, Stéphanie Poissant

Une formule mathématique pour mieux affronter les défis !

Par Stéphanie Poissant, psychoéducatrice

Dans la vie, pour moi, il est important de toujours apprendre de nouvelles choses, de sortir de notre zone de confort et d’avoir de petits ou grands projets stimulants qui nous permettent d’être fiers de nous et d’occuper nos journées de façons positives. Que ce soit en apprenant un nouveau loisir, en rencontrant de nouvelles personnes, avec un projet professionnel, etc. De mon côté, une des façons que j’ai trouvée pour répondre à ces besoins d’apprentissage et de stimulation est de dire « oui » aux projets immobiliers et de rénovation que me propose mon chum Sébastien😊! Même si ces projets me déstabilisent, j’y prends plaisir et particulièrement à voir le résultat final d’un travail manuel et d’un travail d’équipe avec mon partenaire de vie.

Stéphanie et Sébastien
en mode démolition!
Août 2020

Par contre, même lors de défis que nous avons choisi de vivre, nous pouvons (même souvent) avoir des moments de découragements, vivre des frustrations ou toute autre émotion qui pourrait nuire à l’aboutissement du projet. J’ai vécu ce genre de moment il y a quelques jours… Après plusieurs semaines (et même mois!) à faire de la démolition et à vivre dans les rénovations, nous en étions à notre dernière journée de démolition avant de passer le flambeau à une équipe en rénovation. J’étais fatiguée … et je n’avais plus envie de jouer dans la poussière et de détruire…puisque j’aime clairement mieux travailler manuellement pour reconstruire! À un moment de la journée, tout ce que j’entendais dans ma tête était « J’suis tannée! J’suis tannée! J’suis tannée! « , jusqu’à ce que je réalise que ce discours n’avait rien d’aidant pour terminer ma tâche et atteindre mon objectif (c’est-à-dire d’avoir fini cette tâche pour enfin passer à la partie que j’aime, reconstruire et créer du beau!). Alors j’ai commencé à me dire « c’est presque fini, plus tu avances, moins il en reste! Tu en as déjà fait tellement!  » et à penser aux récompenses que j’allais m’offrir lorsque la tâche serait terminée 😉. Automatiquement, mon moral est devenu meilleur, je me sentais mieux physiquement, j’avançais plus vite dans ma tâche et j’étais même probablement de meilleure compagnie pour Sébastien ! Malgré ces pensées encourageantes, le travail n’allait pas se réaliser de lui-même! Ce sentiment de mieux-être m’a permis de continuer à travailler fort jusqu’à ce que nous terminions cette étape que je trouvais pénible. Cet exemple de situation est d’après moi un bon exemple concret à petite échelle du pouvoir de nos pensées ! J’avais déconstruit les mauvaises pensées qui nuisaient à mon efficacité et mon bien-être pour reconstruire des pensées plus saines. De plus, sans m’en rendre compte, j’avais aussi divisé la tâche en étapes encourageantes en me disant que l’étape de démolition était presque finie…sans penser à la finalité de la rénovation complète qui est loin d’être terminée! Nous choisissons parfois les défis… mais très souvent, la vie décide à notre place avec des obstacles à affronter. Peu importe la situation et la grandeur du défi qui se présente à nous, je crois qu’en utilisant cette formule mathématique nous augmentons nos chances de réussite dans l’atteinte de nos objectifs, en plus d’augmenter notre sentiment de bien-être pendant cette situation:

O + PP + É + A = Objectifs atteints !  

(Observation de soi + pensées positives/vraies + étapes réalistes + passer à l’action = objectifs atteints et fierté en prime !)

En espérant que cette petite formule mathématique puisse vous aider dans votre prochain défi et vous guider pour la (re)construction de ce qui vous tient à cœur … comme elle a pu m’aider pour m’amener à bon port dans la reconstruction de mon espace de vie 😊 .

Articles, Catherine Landry-Plouffe, La vie

La science du bien-être

Par Catherine Landry-Plouffe, psychoéducatrice.

« Knowledge is power » est une célèbre citation du philosophe Thomas Hobbe qui m’a toujours été chère. J’estime que le savoir offre une autonomie intellectuelle et la possibilité de faire des choix éclairés. En ce qui me concerne, ça me permet d’avoir une vision du monde plus nuancée, plus complexe et, par le fait même, plus intéressante.

Il n’est donc pas étonnant que de chercher à comprendre est une stratégie vers laquelle je me tourne lorsque je rencontre des épreuves. Peu importe la nature de celles-ci, mon réflexe est d’aller me mettre le nez dans des livres, afin de mieux saisir ce qui arrive. Au fil du temps, cela m’a permis d’acquérir des connaissances, d’essayer diverses stratégies et de développer ma propre opinion sur celles-ci. Et puis, force est d’admettre que la démarche procure aussi de la validation et un sentiment de contrôle. Ça, c’est puissant et revigorant.

Plusieurs personnes adoptent cette même stratégie. En effet, le développement personnel est une industrie  qui était évaluée à 9.9 milliards de dollars américain en 2016 et dont l’augmentation continue année après année. Malgré cela, un certain malaise s’installait tranquillement, sans que je sois en mesure de l’identifier. Jusqu’à ce que je vive le confinement…

Comme pour bon nombre de personnes, cette période a été une épreuve. Je me suis donc tournée vers un cours en ligne appelé « The Science of Well-Being ». En résumé, il s’agit d’un cours donné par la psychologue Dre Laurie Santos de l’Université de Yale qui vise à augmenter le niveau de bonheur. Pour y arriver, elle enseigne trois concepts:  Les fausses croyances répandues sur le bonheur, les particularités du cerveau qui nous induisent en erreur et les résultats de recherche sur ce qui nous rend véritablement heureux.

Au-delà de ces enseignements, ce qui différencie ce cours c’est l’insistance qui est mise sur le développement d’habitudes dans le quotidien. Elle explique cette démarche novatrice par le fait que d’avoir des connaissances n’est pas suffisant pour engendrer un changement. Elle réfute la citation de G.I. Joe qui disait que de savoir représente la moitié du travail (« Knowing is half the battle »).

crédit photo : pixabay

Elle affirme plutôt que de savoir n’est pas suffisant pour changer comment nous pensons et comment nous agissons. Il faut mettre nos connaissances en pratique en développant des habitudes au quotidien pour y arriver.

Des exemples de stratégies sont d’identifier nos forces et de les actualiser une fois par jour, de bouger 30 minutes durant la journée, d’initier une interaction avec une personne et j’en passe.

J’ai donc tenté l’expérience en appliquant une nouvelle habitude pendant 4 semaines : trouver 5 éléments pour lesquels je ressens de la gratitude une fois par jour. Je savais que la gratitude est reconnue comme ayant une incidence positive sur le bien-être, mais jusqu’à maintenant je n’avais rien fait pour l’intégrer à ma vie.

Articles, La vie, Stéphanie Poissant

Mieux vivre dans le moment présent (grâce à Gaston)

Par Stéphanie Poissant, psychoéducatrice

La majorité d’entre nous connaissons bien (pour en avoir entendu parler ou pour l’avoir expérimenté) les responsabilités d’avoir un chien, mais aussi les bienfaits sur notre santé mentale et physique. Pour n’en nommer que quelques-uns, avoir un chien nous oblige à être actif physiquement en marchant tous les jours et a un effet apaisant.

Mais avez-vous déjà observer votre chien (ou celui de quelqu’un d’autre) pour apprendre de ces gentils compagnons ?

En tant que psychoéducatrice, l’observation est un élément important dans mon rôle professionnel, mais qui est aussi très souvent utile dans ma vie personnelle. La présence des animaux est reconnue comme ayant un effet généralement positif (comme nous l’enseigne la zoothérapie), mais j’ai réalisé qu’en observant mon chien Gaston et ses habitudes, je développais de meilleures aptitudes de gestion du stress et de pleine conscience à vivre dans le moment présent. 😊

Je vous donne un exemple… lorsque Gaston se couche, particulièrement le soir lorsqu’il est prêt pour le repos, il soupire et semble relâcher tous les muscles de son corps …Un comportement que ma prof de yoga nous enseigne et nous répète, mais que personne n’a enseigné à Gaston ! Après s’être préparé au repos, Gaston ne pense à rien et s’endort presqu’automatiquement … chanceux ! À réaliser l’efficacité de sa technique, je me surprends très souvent à faire un grand soupir pour expirer le stress de ma journée et détendre les muscles de mon corps lorsque je l’entends soupirer.

Stéphanie et Gaston dans le moment présent
– Crédit photo – Alex C.D. Photography

Un autre moment où je m’inspire de sa façon à vivre dans le moment présent (et je vous invite à faire de même) est lors des promenades. Même s’il a passé la journée seul, je semble lui faire le cadeau le précieux du monde en lui annonçant que nous allons marcher ensemble  et ensuite, lorsqu’il fait cette activité qu’il aime tant…il la vit pleinement ! Il regarde un oiseau passer, il prend le temps de sentir une fleur sur notre chemin, il s’arrête pour regarder des enfants jouer au ballon, et il dit même bonjour aux passants !

De mon côté, dans ma tête d’humain, j’ai tendance à penser à des éléments plus stressants de ma journée, commencer à planifier le souper, ou même à penser aux projets de demain ou du mois prochain! Évidemment, cela peut être une bonne idée d’apprendre d’événements vécus dans le passé ou de planifier des objectifs futurs, mais ce n’est pas nécessaire de le faire sans arrêt… comme j’ai tendance à le faire (peut-être que vous aussi ?).

Donc pourquoi ne pas, encore une fois, apprendre de nos fidèles compagnons, et profiter pleinement des moments qui nous font plaisir. Que ce soit pendant une promenade, pendant un repas en famille ou pendant une activité qui nous fait du bien. Même si ces moments sont parfois courts, nous ressentons rapidement un sentiment de bien-être en encourageant nos pensées à diriger leur attention vers ce que nous sommes en train de faire maintenant, dans le moment présent.

Cet exercice, que Gaston fait naturellement, est beaucoup plus difficile pour nous, mais avec de la pratique, de la patience et du respect envers nous-même, nous sommes tous capable de s’offrir ces moments de douceur qui améliore tellement le quotidien! Je pense que vous pourrez ensuite observer comme moi que prendre quelques moments dans le moment présent nous aide à apprécier ce qu’on a ici et maintenant tout en diminuant naturellement notre niveau de stress.  

Bon été, rempli de moments présents à faire ce que vous aimez !

Articles, La vie, Opinions, Stéphanie Deslauriers

Écoeurée

Par Stéphanie Deslauriers, psychoéducatrice, maman, femme.

Ce matin, j’ai mal au cœur.

C’est que je suis écoeurée.

Littéralement.

Et qu’hier soir, aussi écoeurée que ce matin, je découvrais cette vague de dénonciation contre des blogueurs, influenceurs, gars des médias.

Ces gars qui ont abusé de leur pouvoir, de leur popularité et de leur notoriété pour harceler sexuellement des filles.

Des filles, oui, car elles n’étaient pas encore des femmes.

Elles avaient quoi? 13, 14 ans.

Des jeunes adolescentes.

crédit : Pixabay

Encore un peu (pas mal) enfant, avec un corps qui change, se transforme tout doucement pour devenir adulte.

Des jeunes filles impressionnées par ces gars adultes qui ont du succès, qui sont drôles, intelligents, qui pensent « outside of the box ».

Des gars qu’elles idéalisent, voire qu’elles idolâtres.

Vous imaginez leurs émotions quand un de ceux-là leur écrit en privé? S’intéressent à elles? À elles!

Elles qui sont à un âge où elles se cherchent, recherchent l’approbation des autres, quelque chose qui les distingue des autres, aussi.

Et voilà qu’un gars populaire leur témoigne de l’intérêt. Les fait parler, se confier, se montrer vulnérable…pour mieux abuser d’elles et de leur naïveté de jeunes filles de 13, 14 ans.

Et voilà que ce gars populaire les insulte, se radoucit, s’excuse, lui offre un cadeau puis, une photo non sollicitée de son pénis. Probablement en leur demandant une photo d’elles, nues, en échange.

Dans la terminologie légale et d’intervention, il s’agit d’une agression sexuelle.

Oui, même s’il n’y a pas eu de touchers, de contacts directs.

Une agression sexuelle. De la violence sexuelle. Des mauvais traitements sexuels.

Ajoutons à cela le facteur âge : on assiste à de la pédophilie.

Oui. C’est le mot exact pour désigner ces gestes.

Un adulte qui s’exhibe devant une fillette.

Un adulte qui demande des faveurs sexuelles, directement ou à demi-mot, à une fillette.

Un adulte qui tient des propos obscènes à une fillette.

Un adulte qui manipule une fillette.

Parce que oui, à 13, 14 ans, on est encore une fillette.

Je suis écoeurée, dégoûtée.

J’ai mal à mon humanité.

J’ai mal à ma maternité de petite fille de 2 ans qui, dans 11, 12 ans, aura ça, 13, 14 ans.

Qui sera un attrait pour des pervers, pour des pédophiles.

De jeunes hommes, beaux, intelligents, drôles qui ont l’air ben, ben gentils.

Mais qui ne le sont pas.

Qui traumatisent une fois, cent fois.

Parce qu’une fois qu’on vit un traumatisme, il reste imprégné à vie.

Il a des répercussions sur notre vision de nous-même, des autres, de l’avenir, des relations.

Il a des conséquences néfastes sur la construction identitaire, sur la confiance et l’estime de soi.

Et ces traces, elles restent à vie malgré la dénonciation, la poursuite, les nombreuses (et onéreuses) thérapies.

À vous, les filles, les femmes – et qui sait, peut-être les gars et les hommes – qui dénoncez actuellement, sachez qu’on vous croit. Qu’on est avec vous dans ce combat.

À vous, ces gars-là : allez chercher de l’aide. Et. Que. Ça. Presse.

Pour plus d’infos

Eve Anabelle Saintonge, La vie

Reconstruire le monde des filles, un livre à la fois

Par Eve Anabelle Saintonge.

Assise sur la chaise d’examen, le cœur qui bat rapidement, les mains moites et le ventre bien badigeonné, j’attends patiemment l’examen de l’obstétricienne. L’échographie montre un corps bien développé. Finalement, elle examine le sexe.

  • Madame! Vous allez avoir une fille!
  • C’est une fille.
  • C’est une fille !!!
  • Oui.

Voilà ma réponse, bien sobre.

Il faut comprendre que je voulais un bébé. N’importe quel bébé, mais pas une fille.

Ainsi commença mon aventure d’être mère.

Les vêtements roses, les surnoms de princesses. Les idées préconçues de ce qu’allait être mon bébé simplement puisqu’elle est une fille. Les fameux stéréotypes ont inondé les conservations prénatales.

Devenir mère m’a secouée puisque je n’avais pas anticipé l’immensité et la responsabilité de ce rôle. Mais avoir une fille m’a ébranlée puisque je me suis questionné sur la place qu’elle aurait dans notre société et sur la lacune d’exemples constructifs.

Où sont ces femmes de courage, d’affirmation, d’audace et de persévérance?

Dans mes livres d’enfance, Cendrillon, Blanche-Neige et le petit chaperon rouge sont plutôt comparable à des algues qui se font vaguer par la mer. Et pourquoi toujours cette histoire d’amour où le prince sauve la princesse? Vous comprendrez donc que la princesse Astronaute, Noémie, jouée par Pascale Bussières à Canal Famille dans les années 90, était mon héroïne.

J’ai donc commencé une quête personnelle. Premièrement, j’ai eu cette soif de connaître ces femmes de l’Histoire qui ont débuté la marche créant ce monde pour les femmes d’aujourd’hui et de demain. Je me suis trouvée des nouvelles héroïnes qui se sont ajoutées à côté de Noémie. J’ai appris à les connaître. Alors, quand ma fille me posera ses centaines de questions sur le monde, je pourrai lui refléter que notre société est construite par des hommes ET des femmes et qu’elle aussi peut y contribuer de manière visible et éloquente. Lorsqu’on cuisinera, je pourrai lui rappeler que Ruth Wakefield a inventé par accident le traditionnel biscuit aux brisures de chocolat qu’on adore ou quand j’aurai besoin des indispensables essuie-glaces, je pourrai lui dire que c’est grâce à l’imagination Mary Anderson.

 

Crédit : http://www.chapters.indigo.ca

Ensuite, j’ai débuté une collection spéciale dans ma chambre de livres où l’héroïne est une jeune fille forte ou que l’auteure est une femme. Je l’avoue, cette collection est d’abord pour moi. J’ai grandi avec l’idée qu’une femme sait de manière innée qui elle est et ce qu’elle doit être. Or, j’ai longtemps cherché ce que signifie être une femme dans la société. Être entourée de ce femmes historiques et fictives me permet d’explorer qui je suis. Puisque j’évolue à travers mes différents chapitres de vies, ces dames m’accompagnent dans mes périples et me supportent.

J’ose espérer que ces petits détails permettront à ma fille de ne pas vivre cette angoisse que j’ai vécu et de savoir que ces femmes fortes qui construisent notre monde ont une voix. Mais surtout, que sa voix, ses ambitions et aspirations ont une place dans notre monde aujourd’hui grâce à celles qui ont débuté la marche.

Et vous, que faites-vous pour offrir un monde sans stéréotype à vos filles?