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Prendre le temps

Par Stéphanie Deslauriers, psychoéducatrice

Ma fille a maintenant deux ans et des poussières.

Or, durant ma grossesse, j’étais vraiment anxieuse puisque deux ans auparavant, j’avais perdu bébé à la toute fin du premier trimestre. Alors, ces neuf mois ont été plutôt difficiles psychologiquement, malgré une grossesse sans complication, heureusement!

Puis, le jour N – pour naissance – est arrivé : ma fille était au monde tout comme mon nouveau rôle de maman.

Rapidement, j’ai constaté que c’est épuisant, prendre soin d’un nouveau-né :  le manque de sommeil, l’énergie que demande l’allaitement, les soins constants qu’exigent ce si petit être qu’on aime pourtant tellement…

Il faut dire qu’on a aussi eu la drôle d’idée de déménager – ha! La nidification! Notre fille avait alors 6 mois. On le sait, chercher une maison, vendre la sienne, planifier et effectuer le déménagement, c’est énergivore et ô combien stressant. (petit conseil d’amie : ne déménagez pas alors que vous avez un petit bébé. Attendez, si c’est possible. Votre santé mentale vous remerciera!)

Une fois bien installés dans notre cocon, mon corps m’a joué des tours en développant une vilaine mononucléose.

Alors que je me remettais, BANG! Je me suis cogné la tête et…me suis fait une commotion cérébrale.

J’ai encore pris le temps de me reposer, ma fille allant désormais à la garderie, afin de me remettre sur pied. Physiothérapeute, exercices recommandés et sommeil réparateur sont enfin venus à bout des effets secondaires de la commotion.

Alors que je me sentais fin prête à recommencer à penser à moi, en mars 2020, quelques heures après mon 33e anniversaire, boom! Confinement.

Ouf. Hello, Anxiété…et distanciation sociale. (J’avoue préférer, et de loin, parler de distanciation physique; on ne se voyait peut-être pas en vrai, mais les contacts sociaux, même à travers un écran, ont été salvateurs pour plusieurs.)

Mais là, là, je recommence pour vrai à voir mes amies, à être Stéphanie, l’amie, la femme, la fille, l’apprenti joggeuse et kayakiste et non pas que « maman ».

Et vous savez quoi? Ça me fait un bien fou!

J’ai même pris rendez-vous avec une entraineuse-infirmière-nutritionniste (!!) pour me sentir bien dans mon (pu-si-nouveau-que-ça) corps post-bébé. Pour me trouver à mon goût, pour être bien dans mon corps et surtout, dans ma tête.

Parce que oui, la tête à spin tout le temps (merci, hamsters surexcités insomniaques de vivre dans mon cerveau, c’est vraiment…pas reposant!),ça use. Et oui, ça a été mon état d’esprit durant les derniers mois pour arriver à concilier télétravail-toute, c’est-à-dire fillette de 2 ans (et tout ce que ça implique, huhuhu) ET la gestion de mon « p’tit tempérament anxieux », comme l’appelle affectueusement mon médecin de famille.

Ça m’est rentrée solidement dedans – comme à bien d’autres êtres humains, hein.

Au printemps, en kayak avec ma fille

Alors, j’en suis à constater mon besoin de ressourcement, de gestion de mon stress et à me mettre en action en :

Allant faire du kayak avec mon amie d’enfance

Allant marcher avec une amie autrice sur le bord de l’eau

Parlant au téléphone avec une copine juste parce que ça me tente

Allant manger une crème glacée en pleine canicule

Prenant le temps d’écouter les p’tits oisillons qui viennent tout juste de sortir de leur coquille, dans leur nid situé dans l’arbre près de ma fenêtre de chambre

Prendre. Le. Temps.

En n’étant pas en mode productif mais plutôt contemplatif.

Tiens, je devrais m’inspirer de ma fille qui, du haut de ses deux ans et quelque, sort une chaise sur le balcon, amène son toutou et sa doudou, s’installe confortablement pour regarder les couleurs du coucher de soleil.

Vous, quels sont vos trucs pour ralentir la cadence?

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